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Attentats d’Alger
Les non-dits d’une violence aveugle
Par Youcef Zirem
Une fois de plus, Alger est touchée par la barbarie. Une fois de plus, des civils, des innocents perdent leur vie et viennent allonger la longue liste des victimes. Paix à leur âme.
Sous état d’urgence depuis le 9 février 1992, l’Algérie ne veut guère se démocratiser. L’Algérie des dirigeants s’enrichit à une vitesse vertigineuse, grâce à la flambée du prix du pétrole, tandis que la majorité des Algériens sombre dans une misère effrayante. C’est justement cette misère et tant d’autres injustices qui facilitent le recrutement des kamikazes islamistes. Pourtant l’islamisme politique a perdu du terrain en Algérie. Pourtant la perspective pour les islamistes radicaux de prendre le pouvoir par les armes est désormais inimaginable.
Créé à la fin de l’année 1998, le GSPC (le Groupe salafiste pour la prédication et le combat) ne revendiquait, jusqu’à une période récente, que les attentas qui visaient les forces de l’armée ou de la police. Et puis subitement, il "se rallie" à cette énigmatique nébuleuse qu’est Al-Qaïda. Comme tous les groupes terroristes algériens, le GSPC était noyauté par les services de renseignement. Le citoyen algérien en général est très surveillé et le moindre geste du "citoyen" est fortement épié au pays de Kateb Yacine. Il est alors incompréhensible que les barbares qui ont commis les attentats d’Alger du 11 décembre 2007 puissent se procurer, avec une facilité déconcertante, une quantité considérable de TNT pour semer ce malheur inénarrable.
Il faut se souvenir d’une chose : depuis que l’Algérie est entrée dans le cycle infernal des violences multiples au début des années 90, les attentats reviennent endeuiller de nombreuses familles dès que des luttes au sommet de l’état opposent des "clans" au pouvoir. C’est dans cette optique que le désir de reconduire le président Abdelaziz Bouteflika pour un troisième mandat (alors que la Constitution en vigueur ne le permet pas) pose problème. Même si les islamistes radicaux sont responsables de ces attentats et le revendiquent, il est clair aussi que cette entreprise monstrueuse fait le jeu des comploteurs de l’ombre, qui n’arrêtent pas de maintenir le statut quo depuis de longues années…
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