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L'écrivain Bernard Frank n'est plus
Une vie entière consacrée aux livres

Par Youcef Zirem

C'est une crise cardiaque qui a eu raison de lui en ce vendredi 3 novembre 2006 ; il avait 77 ans. Avec Roger Nimier et Antoine Blondin, Bernard Frank était classé dans le groupe des "hussards".

Depuis 1989, on pouvait lire ses chroniques savoureuses dans les colonnes du Nouvel Observateur où il aimait raconter le monde de la littérature. C'est à 20 ans qu'il rencontre Jean-Paul Sartre qui lui confie, à titre d'essai, la chronique littéraire dans sa revue Les Temps Modernes. En 1953, il publie son roman, "les Rats". Presque au même moment, il devient responsable de la rubrique littéraire à l'Observateur à la place de Maurice Nadeau. Il collabore ensuite au journal le Monde où, selon Jérôme Garcin, " il vitupère chaque automne les prétendants aux prix littéraires, juge qu'on publie trop de mauvais romans, se gausse invariablement des confrères qui trouvent du génie aux moindres bluettes de saison et pousse le scrupule, doublé du ridicule, jusqu'à les résumer".

Prix des Deux Magots en 1971 pour un "Siècle débordé", il obtient aussi le prix Roger Nimier en 1981 pour "Solde". Cette année-là, il amorce sa chronique littéraire dans le quotidien Le Matin de Paris, journal qui a disparu depuis déjà un moment. Parmi ses oeuvres, on peut citer "Géographie universelle" (1953)," L'Illusion comique" (1955), "Le Dernier des Mohicans" (1956) ou encore " Un Siècle débordé" (1970). Très lié à Françoise Sagan, Bernard Frank se décrivait comme ayant longtemps vécu une vie de parasite social, vivant chez ses amis. Personnalité attachante, homme libre, amoureux fou de la littérature, il semble que Bernard Frank n'ait jamais été estimé à sa juste valeur.

"Il est mort avec beaucoup d'élégance, au restaurant, tout près de chez lui, il était en train de parler de politique" a indiqué son ex-épouse. Bernard Frank, divorcé depuis une dizaine d'années, avait deux filles avec son ex-épouse, Jeanne et Joséphine. "Le style, c'est ce qui arrache une idée au ciel où elle se mourrait d'ennui", disait Bernard Frank. Ecrivain singulier, il n'avait ni machine à écrire ni ordinateur sur son bureau. "Je ne sais pas taper. Je ne sais pas non plus conduire. En fait, à part écrire, je ne sais pas faire grand-chose.", confiait-il au Magazine littéraire. Ses chroniques, il les écrivait sur des cahiers à spirale dont il arrachait les pages pour les faxer au Nouvel Observateur.

Du 9e arrondissement, il écrivait qu'il "persiste dans son identité avec une vigueur peu commune. Il y a de l'Autriche-Hongrie dans cet arrondissement qui semble aussi continental que l'Europe du même nom. A quoi cela tient-il? Sans doute à son enfoncement au coeur de Paris. Le ciel est plus couvert, plus bas qu'en aucun autre endroit de la capitale." C'est une perception de quelqu'un qui savait se promener...


 

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