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« Le triangle de la Paix en Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara »
Seydou Koné, alias Alpha Blondy

Par Ahmat Zéïdane Bichara

L’artiste ivoirien Alpha Blondy, de son vrai nom Seydou Koné, est en tournée en Europe du 10 novembre au 17 décembre 2005. Son agenda comprend plusieurs concerts en France, dont le 17 novembre au Zénith. L’artiste engagé a été nommé le 21 septembre dernier Messager de la Paix par l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), lors de la cérémonie marquant la quatrième Journée de la Paix.

Arrivé à Paris il y a quelques jours, Alpha Blondy a animé une conférence de presse, jeudi 10 novembre au Centre d’Accueil de la Presse Etrangère (CAPE) pour parler de la guerre dans son pays et de son art. Très détendu, le chanteur a répondu avec beaucoup de sérénité aux questions des journalistes, particulièrement celles qui touchent au conflit ivoirien. « Ce qui se passe dans mon pays me préoccupe. Il faut absolument trouver des solutions pour y mettre fin », lance l’ambassadeur de la Paix.

La guerre en Côte d’Ivoire

Alpha Blondy au plus près des événements malheureux qui se déroulent dans son pays depuis 1999 déclare. « La maladie, nous la connaissons. Elle s’appelle la guerre. Ensemble il nous faut trouver un vaccin contre cette guerre, notre guerre. Nous avons entendu parler de la cirrhose du foie, mais en Côte d’Ivoire nous subissons la Cirrhose de la mauvaise foi ». D’après lui, c’est la mauvaise foi de certains politiciens qui empêchent les Ivoiriens de sortir de ce conflit qui les divisent. « Pourtant il faut en finir avec cette maladie qui asphyxie tout le monde y compris ceux qui l’entretiennent. » En qualité d’ambassadeur de la Paix, Alpha Blondy se montre très déterminé à trouver des solutions pour son pays afin que cesse ce conflit. Il se dit optimiste et réfléchit à des propositions fiables qu’il soumettra dans les jours à venir à qui de droit. « Il est très dangereux de faire des élections dans un climat aussi explosif. C’est pour cela que je me permets de proposer ce que j’appelle le Triangle de la Paix. Les trois côtés de ce triangle sont Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara ».

Selon Alpha Blondy, tant que ce triangle n’a que deux côtés, son pays verra toujours ses enfants abattus pour des raisons politiciennes. « Aujourd’hui, dit-il, l’alliance du RDR et du PDCI portera des bons fruits à condition que Gbagbo soit associé. Gbagbo, lui aussi est un des fils de Félix Houphouët Boigny, même s’il l’a combattu. »

L’artiste insiste sur la question de l’alliance qui est l’une des possibilités pour un désarmement sans heurt. « Après un désarmement le terrain sera prêt pour des élections dans la fraternité, et non pas dans l’adversité, sur fond de prélude au génocide. »
Alpha Blondy appelle la France à prendre ses responsabilités afin de permettre aux Ivoiriens de bénéficier d’une Paix durable.
Cette nomination comme Messager de la paix, qui aujourd’hui semble évidente maintenant qu’elle est officielle, sonne comme une reconnaissance de l’engagement de toujours d’Alpha Blondy, au travers de sa musique, pour son pays. Si le programme du nouveau messager de la paix n’est pas encore disponible dans ses moindres détails, il envisage néanmoins de désigner des conseillers spéciaux dans les jours à venir.

Sa vie d’artiste

« Merci aux petits frères qui, par leur inspiration ont apporté un souffle nouveau à ma musique », remercie l’artiste en parlant de son album intitulé « Akwaba, the very best tour », une compilation pas comme les autres. Il annonce un autre album, qui d’après lui, prendra en compte tout ce qui le préoccupe, y compris la question de la paix dans son pays.
Actuellement l’artiste entame une tournée européenne.
Alpha Blondy, de son vrai nom Seydou Koné, est né le 1er janvier à Dimbrokro en Côte d’Ivoire. Elevé par sa grand-mère qui l’entoure de son affection et s’occupe de lui avec sérieux, il quitte le collège en 72 et part finir ses études à Monrovia au Libéria. Puis il s’envole pour New York poursuivre ses études d’anglais. Cette ville lui permet de découvrir le reggae lors d’un concert des Jamaïcains de Burning Spear en 1977.

Père fondateur du reggae en Afrique de l’Ouest, Alpha Blondy chante en arabe, en hébreux, en français, en anglais et dans plusieurs langues ivoiriennes. Le succès est instantané. Le reggae que l’on croyait jusque-là synonyme de musique jamaïcaine devient très naturellement un élément du paysage musical ivoirien et plus largement africain.

Devenu Alpha Blondy (déviation de « bandit »), il rencontre Fulgence Kassy, producteur de télévision. Celui-ci le fait passer dans l’émission « Première chance ». A la suite de ça, il enregistre un premier disque « Jah Glory » (1983) avec un titre phare « brigadier Sabari » chanté en dioula et inspiré par une vraie « opération coup-de-poing » de la police Ivoirienne à laquelle le chanteur a assisté.

Son aura et sa réputation atteignent l’Europe. En 84, il s’établit pour un temps à Paris et signe avec la firme Pathé-Marconi (EMI). Le second album est enregistré dans la capitale française et mixé à Londres. La chanson et titre de l’album « Cocody Rock » est enregistré à Kingston avec les fameux Wailers. De retour dans son pays, Alpha Blondy sort en 85 un troisième opus intitulé « apparteid is Nazism ». En 86, il sort « Jérusalem », album enregistré dans les célèbres studios Tuff Gong de Jamaïque en compagnie une nouvelle fois des Wailers. Alpha Blondy ne baisse pas les bras. De 1987 jusqu’à nos jours, l’artiste fait danser son public avec des tubes très engagés pour la lutte contre les maux qui minent la société ( Elohim, Politruc et feu, Akwaba, Rasta Poue, Masada, Come back Jesus et Jerusalem, Banana et Café Cacao etc.).
Aujourd’hui, pour Alpha Blondy, le « reggae est autant africain que jamaïcain ». Et il le prouve.












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