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Coupe d’Afrique des Nations : ambiance de haine?

Par Ahmat Zéïdane Bichara

Les Pharaons d’Egypte sont devenus depuis le vendredi 20 janvier les joueurs les plus titrés de l’Histoire de la Coupe d’Afrique des Nations, en remportant leur cinquième victoire, écrasant les Eléphants de la Côte d’Ivoire sur la marque de 4-2. Cette dernière rencontre des équipes finalistes a été un temps fort pour les unes et particulièrement insupportable pour les autres. « Nous avons vécu un bon moment de joie, mais également de peine », affirmait à Strasbourg-Saint-Denis un monsieur à l'allure sportive.

Les Africains de Paris ont suivi la finale de la Coupe d’Afrique des Nations qui s’est jouée au Stade Internationale du Caire en Egypte comme s’ils étaient dans leurs pays respectifs. De Barbès à Strasbourg-Saint-Denis, en passant par la Maison des Journalistes située à Lourmel, l’ambiance était presque la même. Les uns ont eu la chance des suivre ce match grâce à leurs petits écrans téléviseurs. D’autres ont tout simplement préféré prendre d’assaut les bars-restaurants dans leurs arrondissements. À Strasbourg-Saint-Denis, certains restaurants ont manqué de place. Une grande partie des supporteurs était obligée de se tenir débout pendant 90 minutes de jeux. D’autres, plus chanceux, ont pu se partager une chaise à plusieurs. Du coup, certains responsables n’ont pas manqué d’exiger une consommation payante à tout le monde. « Messieurs, je vous déclare que ceux qui veulent suivre ce match à partir de notre poste téléviseur doivent payer la consommation. Autrement dit vous êtes obligés de vider notre bar », affirme un gérant d’un bar avec un ton assez dur. Juste avec cette déclaration, ceux qui ne disposaient pas d’argent ont préféré quitter le lieu à la recherche d’un autre.

A Barbès, c’est plutôt le contraire qui s’est passé. Il n’y a pas eu des difficultés à suivre ce duel footbalistique opposant ces grandes nations habituées à offrir la victoire à leurs peuples respectifs. Les propriétaires de certains bars-restaurants ont autorisé à tout suivre gratuitement, mais à condition qu’on ne fasse pas trop de bruit. Mission impossible. Débordés par la joie et la peine de suivre l’une des équipes perdre le trophée, certains supporteurs ont dépassé les limites en adressant des insultes ou des termes racistes. « Ne perdez pas votre temps avec ces Noirs qui nous cassent la tête. Ô les Egyptiens battez-les 10 buts à 0. N’hésitez pas à leur arracher leurs cheveux crépus » ou encore « Ces Arabes, qu’est-ce qu’ils savent faire si ce n’est la violence ou le mensonge ». Ce n’est pas pour autant la bagarre dans le bar. Voyons, c'est du football. La même scène s’était passée à La Chapelle, mais elle, elle a failli dégénérer en bagarre. Une fille africaine n’a pas du tout accepté qu’un Maghrébin traite les Ivoiriens de vauriens. « Monsieur vous êtes un faux musulman ».

Toujours à Strasbourg, un supporteur Ivoirien a quitté le bar en insultant tout le monde au moment où Didier Drogba, le capitaine des Eléphants ivoirien, a raté sa chance durant la séance de tirs aux buts qui a clos la rencontre. Le gardien égyptien El-Hadari a réussi à arrêter le ballon qui allait tout droit aux filets. De jeunes Maghrébins ont eu l’occasion d’enfoncer le clou. « C’est un incapable. Il ne fait pas le poids devant nos joueurs. »

Les vainqueurs manifestent leur joie, les vaincus purgent leur défaite. Le vendredi 20 janvier 2006 au grand jour de la Coupe d’Afrique des Nations, les Maghrébins en général, en plus des Egyptiens, se sont véritablement réjouis de voir leurs footballeurs écraser les « Eléphants » de la Côte d’Ivoire. Leurs joueurs se sont montrés dominants tout au long des deux parties de jeu. Les uns ont apprécié leur technique ou tout naturellement la façon de « jouer du ballon rond ». D’autres se sont contentés de féliciter le gardien du but El-Hadari. Quant aux Ivoiriens et à leurs supporteurs, c’était le mauvais jour. Ils avaient eu de la peine à accepter leur défaite. Il y en a eu des gens qui ont versé leurs larmes pour marquer leur déception de voir la Côte d’Ivoire perdre la coupe. Pourtant au-delà de ces jeux, ce sont des Africains qui se sont retrouvés pour jouer et non des ennemis. Il n'est donc plus question de s’insulter ou de refuser sa défaite. Il faut plutôt montrer quelque part qu’on reste fort même en perdant la coupe.










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