La Maison des journalistes
 
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Au moment où la guerre se poursuit, la solidarité avec les journalistes en Irak décline…

Par Youcef Zirem

Il y avait peu de monde, ce vendredi 28 avril 2006, à la soirée hommage aux journalistes tombés en Irak, organisée au Cape (centre d'accueil de la presse étrangère) de Radio France. Mais cette manifestation a été fort émouvante. On a longuement parlé de l'Irak ou de ce qu'il en reste. C'est le club de la presse arabe en France qui a voulu cette soirée de solidarité. La guerre, il faut le rappeler, continue dans cette région du monde où pas moins de 88 journalistes ont trouvé la mort mais un peu partout, on fait semblant d'ignorer ce conflit...

Présent à la soirée, Christian Chesnot, détenu durant de longs mois en Irak, signale les conditions difficiles dans lesquelles travaillent les professionnels des médias dans ce pays qui a vu l'apparition de l'écriture, de nombreux siècles auparavant. "Les forces vives de l'Irak s'exilent, l'Irak est en train de se vider", affirme Christian Chesnot. Journaliste en Irak depuis les années 40, Akdas Abdul-Hamid a tenu à dire son mot, dans un français parfait, malgré la fatigue et la maladie.
Elle psalmodie ensuite, avec émotion, une sourate du Coran, en hommage aux morts. De leur côté, Nahla Jajo au violon et Mohamad Khorchid à la guitare, transportent la salle vers le Bagdad d'antan avec des musiques envoûtantes.
Venue spécialement de Londres, Tara subjugue l'assistance avec sa harpe et son doux chant d'amour. La belle kurde se souvient d’un de ses parents mort dans les atrocités chimiques de Saddam Hussein et de son régime. Maître calligraphe, Ghami Al-Ani est aussi de la partie.
Mais le moment fort de la soirée est l'oeuvre de Lionel Vairon, ancien attaché culturel à Bagdad. Cet amoureux de la culture ne peut retenir ses larmes quand il parle de l'Irak perdu, de ses amis artistes morts. Seul diplomate à pouvoir circuler en Irak avant l'invasion américaine, Lionel Vairon rappelle que "le peuple irakien est exceptionnel", il souligne également la profondeur de la culture irakienne. "On assassine la civilisation", confie t il en revenant sur le pénible embargo que le peuple irakien avait connu avant cette effroyable guerre. De la poésie, on en a lu à travers la voix mélodieuse de Madeleine Guérin.
Le mot de la fin est revenu à Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières qui n'a pas manqué de remarquer que la solidarité avec les journalistes en Irak n'arrêtait pas de faiblir. Triste époque.


Tara, musicienne kurde, solidaire des journalistes en Irak
Source : Cape

 










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