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Aimé Césaire : l’inventeur d’âmes n’est plus

Par Youcef Zirem

Le chantre de la "négritude" est parti ailleurs mais il restera toujours là, car les poètes ne meurent jamais. Les poètes ont cette capacité rare et étrange de demeurer éternels.

Homme de lettres de grande valeur, figure politique et morale des Antilles, Aimé Césaire a été de tous les combats. Il s’était insurgé, dès les années 1930, contre le colonialisme et le racisme. Jusqu’à ces derniers jours, il a été fidèle à ses idéaux. L’auteur du "Cahier d’un retour au pays natal" fut maire de Fort-de-France pendant 56 ans, de 1945 à 2001. Il avait fondé en 1957 le parti progressiste martiniquais (PPM) qui revendique l'existence d'une communauté historique martiniquaise et veut jouer le jeu de la décentralisation. Il l'avait présidé jusqu'en 2005.

Né en 1913 en Martinique, Aimé Césaire arrive à Paris en 1931, en tant que boursier du gouvernement français. C’est là qu’il rencontre Léopold Sédar Senghor, futur chef d’état, avec qui il noue une amitié indéfectible. Avec d’autres amis, ils fondent en 1934, le journal "L’Etudiant noir" ; le terme "négritude" y apparaît pour la première fois. En 1939, il rentre en Martinique et enseigne au lycée. Avec Alioune Diop, il crée, en 1947, la revue "Présence africaine". La revue deviendra, par la suite, une maison d’édition.

"L’homme de culture doit être un inventeur d’âmes", disait Aimé Césaire. Même s’il s’investit beaucoup en politique, Aimé Césaire continue ses créations poétiques ; la poésie ne cesse pas de l’habiter. "La démarche poétique est une démarche de naturation qui s'opère sous l'impulsion démentielle de l'imagination", écrit-il dans "L’Art poétique".

Intellectuel de grande rigueur, Aimé Césaire savait se remettre en question quand cela était nécessaire. "Le crayon de Dieu lui-même n'est pas sans gomme", confiait-il, avec une infinie sagesse, dans "Une saison au Congo".


 

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