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7èmes rencontres du cinéma citoyen au Magic Cinéma
Je filme, donc je résiste.
Par Léon Kharomon
Les rideaux sont tombé sur les 7èmes rencontres du cinéma citoyen avec le film "La visite de la fanfare", véritable hymne à la tolérance et à l’acceptation des différences. Mais durant sept jours, des films coup de gueule dénonçant des lois injustes, des gouvernements totalitaires, l’injustice faite aux minorités ethniques, etc, ont tenu le public en éveil et interpellé la conscience collective. Exister/résister, tels en ont été les maîtres-mots avec un hommage à René Vautier, alias l’homme à la caméra rouge.
Avec "La visite de la fanfare" du réalisateur israélite Eran Kolirin, les 7èmes rencontres du cinéma citoyen se sont clôturées le 24 octobre dernier au Magic cinéma de Bobigny. A l’heure du bilan, les organisateurs se sont réjouis que, une semaine durant, le public ai répondu présent, en dépit des gènes occasionnées par la grève des cheminots. Les rideaux sont tombés sur ces rencontres cinématographiques citoyennes avec ce film qui se veut comme un hymne à la paix entre les peuples Juifs et Arabes. Démontrer que la paix est possible entre ces deux peuples que tout semble partager, mais que le destin a uni depuis la nuit des temps. N’en déplaise aux politiques qui attisent les haines et les conflits stériles.
Coup de cœur du jury Un certain regard, au festival de Cannes 2007, ce film projeté en avant-première se joue des subtilités culturelles de ces deux peuples. L’intrigue ? Toufik Zacharia, et ses collègues de la fanfare de cérémonie de la police d’Alexandrie sont perdus à l’aéroport de Tel-Aviv. Aucun officiel égyptien n’est venu les accueillir. Ils doivent se débrouiller pour rejoindre Bet Hatikva, une petite ville perdue aux confins du désert israélien. Tirés à quatre épinglés dans leurs costumes bleu marine, et menés à la baguette, au propre comme au figuré, par leur commandant Toufik Zacharia, nos sept artistes sont totalement paumés. Seule la charité peut encore les sortir de ce pétrin. Mais ici, dans ce coin désertique où ils ont raté le seul bus de la journée, cette charité là sera forcément israélienne. Alors le chef de la fanfare doit savoir ravaler toute sa fierté et demander l’hospitalité à une juive, elle aussi rongée par la solitude.
Commence alors une série des péripéties au travers desquelles les deux peuples se méfient d’abord, puis s’approchent, se découvrent et finissent par sympathiser, même si quelques habitants du village restent sur leurs gardes avec ces "imprévisibles étrangers". Premier long métrage d’Eran Kolirin, jeune réalisateur âgé de 34 ans, "La visite de la fanfare" illustre bien une sorte de paix froide qui s’est établie entre Israël et l’Egypte. "Quand j’étais enfant", se souvient Eran Kolirin, "je regardais souvent des films égyptiens en famille. C’était très courant chez les familles israéliennes, au début des années 80. Les vendredis après-midi, nous regardions, haletants, les intrigues compliquées, les amours impossibles et les chagrins à vous arracher des larmes de Omar Sharif, Pathen Hamam… C’était assez étrange pour un pays qui passait la moitié de son temps en guerre contre l’Egypte et l’autre moitié , dans une sorte de paix tout juste cordiale avec son voisin du sud".
Violences policières
Avant ce "plat consistant" de la clôture, le public a découvert "Sid", un court métrage de 19 minutes dont la réalisatrice, Nolwenn Lemesle, présente dans la salle, a été vivement encouragée à faire la suite. "Sid" , ce sont les mésaventures d’un jeune "banlieusard" tout droit sorti de l’école de police. Alors qu’il pensait en finir avec la violence dans son quartier en intégrant la police, il découvre, déçu, à travers une chasse aux sans-papiers dans une zone portuaire, qu’ici aussi, la violence règne en maître. On frappe, on casse...on tue, mais cela s’appelle "bavures policières…". C’est la terminologie qui change.
Dans son éditorial consacré à ces 7èmes rencontres, Catherine Peyge, Maire de Bobigny, explique sans ambages, le but poursuivi par le "cinéma citoyen"
"…Et parce que", dit-elle, "ce cinéma de solidarité donne la parole aux laissés pour compte, sans soins, sans logement, sans patrie ou sans travail, enfin à tous les sans-voix et à l’heure où l’exclusion et l’expulsion sont malheureusement devenus des mots de notre vocabulaire quotidien, il est important de se rencontrer pour faire connaître nos idées de tolérance et de partage".
C’est dans cet esprit que deux rencontres cinéma autour des droits de la femme sont annoncées pour novembre. En partenariat avec l’association "Femmes du monde en Seine Saint Denis", elles s’intitulent "Quand les femmes auront pris la colère". Des réalisateurs, dont l’égyptienne Taïra Rachel seront de la patrie.
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