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Daniel Cohn- Bendit : "C’est plus difficile d’être jeune en France aujourd’hui qu’il y a 40 ans"
Par Youcef Zirem
Comme à son habitude, Daniel Cohn-Bendit n’a pas mâché ses mots, mercredi 14 mai, devant les journalistes au Centre d’Accueil de la presse étrangère, situé au siège de Radio France, à Paris. A l’occasion de la sortie de son livre d’entretiens sur les événements de mai 1968, "Forget 68", aux éditions L’aube, "Dany le rouge", comme beaucoup l’appellent, a estimé que le système éducatif français a échoué car il ne prend pas en compte la société d’immigration.
"On n’ose pas encore prendre en compte ce problème de la diversité de la population", a-t-il souligné. Pour l’activiste de mai 1968, il faut méditer le système éducatif finlandais qui ne note pas les élèves durant dix ans. Daniel Cohn-Bendit a aussi passé en revue les grands thèmes qui font débat en Europe et particulièrement en France. Concernant le projet de l’Union Méditerranéenne, Daniel Cohn-Bendit fait remarquer que le président français Nicolas Sarkozy s’y est mal pris, dans la mesure où se projet se présente plutôt comme une action visant à redonner à la France un rôle déterminant.
Interdit de séjour en France durant dix ans, Daniel Cohn-Bendit revient au pays de Victor Hugo en 1979. Il arrive dans une gare parisienne et un homme lui tape dans le dos. C’est, en fait, un policier qui lui avoue que mai 1968 a fait beaucoup de bien à la société française. Et pourtant, au moment de ces événements, l’homme en question combattait les manifestants.
Pour Daniel Cohn-Bendit, mai 1968 n’est pas une révolution, c’est plutôt une révolte contre une société autoritaire. "Nous vivions dans des sociétés mensongères", affirme l’homme politique des Verts, celui-là même qui a soutenu Ségolène Royal et qui trouve toujours des qualités à celle qui veut briguer le poste de premier secrétaire du Parti socialiste.
Daniel Cohn-Bendit n’est pas tendre avec la politique intérieure du président Sarkozy qu’il ne nomme pas souvent, qu’il désigne surtout par "l’ex-mari de Cécilia, aujourd’hui mari de Carla". Pour Daniel Cohn-Bendit, Nicolas Sarkozy s’est trompé pour relancer l’économie. "Dans six mois, il y aura un plan de rigueur en France", prédit-il.
Daniel Cohn-Bendit comprend les jeunes qui, en France, se demandent s’ils sont un avenir. "C’est plus difficile d’être jeune aujourd’hui qu’il y a 40 ans", avoue Daniel Cohn-Bendit.
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