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Coupe du monde : un casse-tête pour les pauvres
L’heure de la grande fièvre du football est arrivée

Par Ahmat Zéïdane Bichara

Dans certains coins de Toulouse comme dans la plupart des pays africains, lors de grandes rencontres de football comme celle de la Coupe du monde où des talentueux joueurs rivalisent d’ardeur et de technique, les choses se compliquent pour les supporters qui n’ont pas les moyens de se payer de petits écrans de télévision.

En Afrique et surtout au Tchad, un pays où seulement une personne sur dix dispose d’un téléviseur, suivre la Coupe du monde se transforme en un véritable parcours du combattant. Il faut se rendre chez des voisins, cousins ou cousines, voire faire des kilomètres à pied, à bicyclette ou à vélomoteur pour trouver des familles qui possèdent un écran noir et blanc ou un écran couleur pour pouvoir suivre les matchs. Il y a même ceux qui vous renvoient parce que vous êtes trop nombreux, ou parce qu’un membre de la famille est trop fatigué pour entendre les cris des supporters. Parfois ce sont les cris des enfants de la maison qui vous empêchent d’être à l’aise. Le plus difficile, c’est quand l’écran téléviseur tombe subitement en panne, ou a des petits problèmes avec l’électricité, les images apparaissent et disparaissent de temps en temps.

Bakayoko, réfugié de la Côte d’Ivoire arrivé en France il y a de cela six mois, se demande chez qui il pourra suivre les rencontres opposant les joueurs ivoiriens avec ceux des autres pays faisant tous partie du groupe C. Il se battra, dit-il, pour obtenir de l’argent et suivre dans un bar qui dispose d’un écran la rencontre opposant son équipe à celle de l’Argentine le 10 juin à Hambourg à 21 heures. «Certains propriétaires de bars-restaurants veulent toujours que ceux qui désirent suivre les matchs de football à partir de leur petit écran téléviseur payent une consommation. C’est obligatoire. Malgré cela, ici, je préfère suivre un match dans un bar plutôt que d’aller perturber une famille chez elle», soutient-il.
Six jours après, il s’activera de la même façon pour avoir encore quelques pièces pour la rencontre suivante entre les Ivoiriens et les Pays-Bas, le 16 juin à Stuttgart à partir de 18 heures. Il est même sûr de suivre le troisième match qui mettra face à face les Eléphants de son pays à la Serbie Monténégro, le 21 juin à Munich à 21 heures.
Paul, Camerounais, reconnaît certes qu’il est un «pauvre réfugié», mais se rendra en Allemagne pour assister aux matchs opposants respectivement le Togo à la Corée du Sud le 13 juin à Francfort à 15 heures, la Suisse le 19 juin à Dortmund à partir de 15 heures et enfin la France le 23 juin à Cologne à 21 heures. «On n’a pas besoin d’être Togolais pour soutenir ces joueurs. Le peuple africain est un et indivisible. Je serai heureux de voir les pays africains battre contre les grandes équipes européennes», argumente-t-il. Ce Camerounais, très attaché à son continent et au football comme tant d’autres de ses concitoyens, n’est certes pas le seul à souhaiter une éclatante victoire aux représentants africains lors de cette Coupe du Monde 2006. Beaucoup d’Africains rêvent de voir un beau jour le trophée de la Coupe du monde traverser les océans pour se planter au cœur du continent noir, fief de la majorité des joueurs évoluant dans des équipes européennes ou américaines.

Qu’attendent les Africains de leurs cinq représentants ?
Dès le vendredi 9 juin et jusqu’au 9 juillet 2006, la République Fédérale d’Allemagne ouvre donc les portes de ses douze stades pour soixante-quatre matchs qui se joueront pendant cette période de football tant attendue dans le monde. Trente-deux équipes qualifiées seront donc au rendez-vous, parmi lesquelles on compte cinq hérauts africains. Il s’agit, en toute évidence, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, de la Tunisie, de l’Angola et enfin du Togo.

À Toulouse, dans le milieu africain, les avis sont partagés sur ce qu’on attend des joueurs africains dont les équipes sont qualifiées pour jouer la Coupe du monde 2006. Les uns se déclarent pessimistes, car ils estiment que les cinq équipes de football qui représentent leur continent n’ont pas la capacité d’affronter des grandes équipes comme celle de l’Allemagne, de l’Espagne, d’Angleterre, de la République Tchèque ou de la Suède… Trop peu pour espérer rééditer la performance du Cameroun en 1990 qui a atteint le quart de finale.
Les autres se montrent très optimistes et projettent un pronostic assez prometteur pour les ambassadeurs d’Afrique. Ils sont sûrs que c’est l’un de cinq pays représentants l’Afrique qui jouera la finale de cette coupe avec une équipe Sud-Américaine. Ils croient que les joueurs qui sont en lice se sont bien préparés pour battre dès les premiers matchs des pays comme la France, l’Australie, l’Arabie Saoudite, l’Iran, le Costa Rica ou bien l’Equateur. Ils sont tous solidement armés pour produire des jeux d’un très bon niveau, quoique certaines de ces équipes se retrouvent dans le « groupe de la mort », en compagnie de l’Argentine, des Pays-Bas et de la Serbie Monténégro.
Il y a même ceux qui parient que le Togo battra la France et la Corée du Sud avant de plier bagages au second tour quand il fera face à des équipes de résistance. Ils avancent comme thèse que les joueurs africains ont des qualités indéniables et jouent pour la plupart dans des grands clubs européens. Ils n’auront pas trop de difficultés à maîtriser certaines équipes européennes ou américaines dont la façon de faire circuler le ballon rond paraît quelquefois insaisissable.










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