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Cybernautes du monde, unissez-vous !

Par Léon Kharomon

Le 13 mars 2008, RSF organisait un voyage virtuel pour dénoncer des repressions réelles contre les usagers du net.

A l'appel de Reporters Sans Frontières, des dizaines de milliers d'internautes se sont donné rendez-vous pour protester contre neuf gouvernements classés comme les plus répressifs contre les cyberdissidents. Lieu de la manifestation : la Toile.

A première vue, la page interactive de RSF pourraît faire croire à un site d'une agence des voyagistes, avec sa carte du monde en page d'accueil et ses boutons qui vous invitent au voyage dans chacun de ces neufs pays : La Chine, la Birmanie, l'Egypte, la Corée du Nord, Cuba, l'Erythrée, le Turkmenistan, la Tunisie et le Vietnam. A chaque destination, possibilité vous est offerte de vous rendre directement sur une grand'place, le plus souvent un haut lieu touristique du pays, où l'on se joint à d'autres cybernautes pour manifester, après avoir soigneusement choisi son slogan.

Pour la Chine, on a le choix entre : " Libérez les cinquante cybernautes incarcérés ; Shi Tao innoncent, Yahoo complice ou encore, Liberté d'expression avant les Jeux olympiques".
En effet, RSF persiste à considérer la Chine comme " la plus grande prison pour les cyberdissidents dans le monde". L'Empire du milieu, qui organise cet été les Jeux olympiques, a, selon RSF, particulièrement renforcé le contrôle sur les cyberdissidents avec l'aide de Yahoo ! Non loin de là, la Birmanie mérite le détour. Ici, c'est " le pire trou noir" qui existe, à en croire RSF. Le pays ne dispose à ce jour que d'un service Intranet pour la communication interne. Les rares cybercafés qui existent, apprend-on, sont soumis à un strict contrôle policier. Même régime représsif à Cuba, où les cyberdissidents risquent jusqu'à vingt ans de prison pour des articles "contre révolutionnaires". Des milliers des touristes qui visitent ce pays paradisiaque savent que dans tous les hôtels, il faut faire attention à ne pas trop utiliser des mots à caractère "subversif". La police veille au grain grâce à des dispositifs pouvant déclencher un signal chaque fois que l'internaute utilise un vocabulaire jugé contre-révolutionnaire.

Pour mettre fin à ces pratiques, le cybermanifestants peut se rendre à la Place de la Révolution pour brandir des pancartes du genre "Liberté pour les 23 journalistes emprisonnés, liberté pour tous, pas seulement pour les touristes…"
Ainsi, peut-on continuer à pousser des coups de gueule en toute sécurité à travers un périple virtuel qui dénonce des régimes repressifs réels. On peut exiger la libération de Slim Boukhdir, journaliste tunisien condamné à un an de prison, tout en demandant au président Zine El Abidine Ben Ali d'ouvrir "la toile à tout le monde". En Tunisie, les partis d'opposition n'auraient pas accès à la plate forme nationale de blogs.

Parmi ces "pays ennemis du net", on trouve aussi l'Egypte. Le pays des Pharaons et des Pyramides éternels, une des principales destinations touristiques mondiale n'a pas une jolie carte postale à présenter en matière de liberté d'expression. RSF accuse le pouvoir de Hosni Moubarak d'être aussi répressif que ceux du Moyen Orient. Bloguer, dit-on, est considéré ici comme une activité militante passible d'un an d'emprisonnement. Kareem Amer, un blogueur, a tenté l'expérience. Il en a payé les frais derrière les barreaux d'une prison en Egypte.

Plus d'information sur www.rsf.org

 

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