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Un colloque sur Guy Debord à la Sorbonne
La société du spectacle en débat

Par Youcef Zirem

C’est l’auditorium des cours de civilisation française de la Sorbonne qui accueille ce samedi 25 mars 2006 les travaux du colloque sur Guy Debord. Organisée par Pierre Brunel et Yalla Seddiki, cette rencontre est une occasion de situer les investigations intellectuelles de l’auteur remarqué de la Société du spectacle. Un extrait du film de Guy Debord, In girum imus nocte et consumimur igni sera également projeté.

Durant la matinée, on assistera aux interventions de Pierre Brunel, professeur à l’université de Paris-Sorbonne (Paris IV), directeur du centre de recherche en littérature comparée, de Yalla Seddiki, doctorant à l’université de Paris-Sorbonne (il est également auteur de Mon nom est combat, un livre-événement sur le chanteur berbère Matoub Lounès paru, il y a trois ans, aux éditions la Découverte), de Vincent Kaufmann, professeur à l’université de Saint Gall (Suisse) et de Jean-Marie Apostolidès, professeur à l’université de Stanford (Etats-Unis).

Dans l’après-midi, un extrait du film La Société de spectacle sera diffusé. Puis, Christophe Bourseiller, écrivain, professeur à Sciences Politiques et Bernard Quiriny, docteur en droit, analyseront l’œuvre imposante de Guy Debord. Pour rappel,  Debord s'est suicidé le 30 novembre 1994. Dix ans auparavant, il avait interdit la diffusion de l'ensemble de son œuvre cinématographique, suite à l'assassinat de son ami et producteur Gerard Lebovici pour lequel il avait été injustement mis en cause par la presse. Il avait au préalable eu le temps de voir certaines de ses thèses acquérir quelque notoriété, notamment outre-Atlantique. L’œuvre de Debord se situe dans la continuité de celle de Marx, la notion de spectacle étant déjà dénoncée par Karl Marx comme une action à laquelle les hommes ne pouvaient plus participer dans
le monde industriel. Il s’agit essentiellement d’une critique radicale de la domination de la valeur sur la vie. Son concept de spectacle réfère à un mode de reproduction de la société basé sur la production de marchandise. Debord dénonce la domination marchande.

Le spectacle est l’idéologie économique, il est l’ensemble des légitimations que la société contemporaine porte à elle-même pour assurer la reproduction du pouvoir et de l’aliénation. "Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n'exprime finalement que son désir de dormir", estimait, entre autres, Guy Debord. C’est dire qu’à bien des égards, les questionnements de l’écrivain demeurent toujours d’actualité.       

Dernière minute : Guy Debord n'échappant pas à l'actualité étouffante de ces derniers jours, notamment au siège de la Sorbonne, le colloque est reporté à une date ultérieure... Nous vous tiendrons informés.










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