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Des écoliers sans-papiers parrainés à la mairie du 20e

Par Léon Kharomon

L’été ne sera pas synonyme de vacances pour tous les écoliers de France. En tous cas, pas pour les sans-papiers que Nicolas Sarkozy est décidé à renvoyer dans leurs pays d’origine. Le maire du 20e arrondissement de Paris, allié au Réseau d’éducation sans frontières, ne l’entend pas de cette oreille et veut lutter contre cette "injustice".

"La France n’a pas pour vocation de renvoyer le monde à sa misère". Provoc’ ou volontariste, Michel Charzat est au moins sûr d’une chose : sa décision de s’opposer ouvertement à l’expulsion des élèves sans-papiers ne devrait pas rester au stade des vœux pieux.
Le maire du 20ème arrondissement de Paris, sur un ton à la fois grave et ému, a promis mardi 31 juin de faire tout ce qui était en son pouvoir pour lutter contre cette "injustice".
Le sursis que le ministre de l’Intérieur avait accordé sous la pression des associations de droits de l’Homme venait d’expirer la veille. Plus rien ne pouvait donc s’opposer à l’ouverture de la "chasse" aux écoliers sans-papiers. Avec le Réseau d’éducation sans frontière, la mairie du 20ème pense qu’on peut aider ces enfants à poursuivre leur scolarité en France. Parmi ces derniers, des jeunes majeurs et des parents sans-papiers installés dans l’hexagone depuis de nombreuses années après avoir quitté leurs pays suite à de menaces et de persécutions diverses.

C’est le cas d’un Haïtien, débouté du droit d’asile, dont la fille âgée de neuf ans risque d’arrêter sa scolarité en France. Tout comme les trois enfants de ce couple d’Angolais placé sous le coup d’une reconduite aux frontières, qui craignent de ne pas revoir leurs collègues de classe l’année prochaine. Ils étaient là, pères, mères, enfants jeunes et moins jeunes.
Les couloirs de la mairie sont devenus plus sûrs que les cours de récréation de certaines écoles. Plusieurs parents n’osent plus y ramener leurs bambins par crainte d’une éventuelle rafle policière. "Mais comment expliquer à son enfant d’à peine six ans, les raisons pour lesquelles on ne peut plus l’accompagner à l’école", se demande un Algérien.

Des parents se sont retrouvés dans cette situation inconfortable d’expliquer à de très jeunes enfants les tenants et les aboutissants d’un problème qui les dépasse totalement. "Nous n’en pouvons plus de vivre comme des rats, la peur au ventre", se plaint ce Malien arrivé en France en 1991, mais toujours sans-papiers. Si rien n’est fait, ses deux enfants, quatre et six ans, nés en France, n’auront aucune chance de retrouver les bancs de l’école l’année prochaine. Quant à la famille El Khouly, c’est depuis mi-mai qu’elle a failli être renvoyée en Algérie, où le père craint pour sa sécurité. Placé sous le coup d’une reconduite aux frontières après un contrôle d’identité, il a bénéficié, avec son épouse et leurs deux enfants nés en France, d’une forte mobilisation qui a poussé le tribunal administratif de Melun à annuler la mesure. Le préfet de Paris va être saisi pour qu’il lui délivre un titre de séjour, annonce t-on.

C’est ce genre d’action que la Marie du 20ème compte développer à travers "la veille républicaine et citoyenne contre les expulsions estivales". "Pendant les deux mois d’été, des élus seront mobilisés en permanence pour intervenir auprès de la préfecture en cas d’alerte et mettront en œuvre tous les moyens à leur disposition pour alerter l’opinion publique afin d’empêcher les expulsions", explique Danièle Simonnet, adjointe au maire du 20e, chargée de la jeunesse, de l’accès à la citoyenneté et des résidents étrangers non communautaires.










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