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La situation des enfants dans le monde 2006
Par Ahmat Zéïdane Bichara
Rima Salah et Jacques Hintzy, respectivement directrice adjointe et président de l’Unicef France, ont officiellement lancé le rapport mondial de l’Unicef sur la situation des enfants dans le monde 2006 intitulé « Enfants exclus et invisibles », le mercredi 14 décembre 2005 à 11 heures au Centre d’Accueil de la Presse Etrangère. Les deux responsables de cette institution, qui a pour rôle principal la défense des droits des enfants et des femmes dans le monde, ont présenté un tableau assez sombre de la situation. Le cas des enfants africains est le plus déplorable.
La situation des enfants dans le monde
D’après Rima Salah et Jacques Hintzy, le rapport 2006 « Enfants exclus et invisibles » met l’accent sur les millions d’enfants qui n’ont pas bénéficié des progrès réalisés, ceux qui sont exclus ou « invisibles ». Il s’agit essentiellement des enfants qui n’ont pas suffisamment accès à l’éducation, aux vaccins pouvant leur sauver la vie, à différentes formes de protection. Le rapport souligne que des millions d’enfants vivent sans aucune protection contre des actes de violence infligés délibérément. Ces enfants deviennent invisibles lorsqu’ils sont maltraités et exploités à l’insu de tous, et qu’ils cessent d’être comptabilisés dans les statistiques. Le rapport déclare également invisibles les enfants que l’on voit tous les jours, et qui sont négligés ou ignorés.
Mariage précoce
Le taux de mariage précoce est loin d’être en baisse et la situation devient de plus en plus fâcheuse, tant en Afrique que dans d’autres continents. Dans le monde en développement, une fille sur trois est mariée avant l’âge de 18 ans. Dans les pays les plus pauvres, cette proportion est de une fille sur deux.
Travail dangereux, forcé, domesticité ou vente d’enfants
On estime que 171 millions d’enfants, dont 73 millions ont moins de dix ans, travaillent dans des conditions ou des situations dangereuses, par exemple, au contact de produits chimiques ou de pesticides dans l’agriculture, en manipulant des équipements dangereux ou dans des mines. Des enfants vendus disparaissent sans laisser de traces dans des milieux clandestins et illicites, où ils sont souvent obligés de se prostituer, de se livrer à des travaux à risque ou de travailler comme domestiques. Il y aurait selon les estimations 1,2 million d’enfants vendus chaque année. Ceux qui sont forcés à travailler seraient 8,4 millions. Pour ce qui est de la domesticité des enfants, le rapport de l’Unicef ne présente pas de statistique compte-tenu de la nature occulte de cette activité. Toutefois, il est probable selon les responsables de cette institution que des millions d’enfants travaillent dans des résidences privées.
Le cas des enfants orphelins
Les cas d’enfants dont les parents sont morts, qui se retrouvent donc privés de leur première ligne de défense, a été aussi pris en compte dans ce rapport. 143 millions d’enfants du monde en développement -1 sur 13- sont orphelins. Plus de seize millions d’enfants sont devenus orphelins rien qu’en 2003. Quinze millions d’enfants ont déjà perdu leurs parents à cause du sida.
Difficultés d’enregistrement des naissances
Selon toujours le bilan de l’Unicef, chaque année dans le monde en développement (sauf en Chine) 55 % des naissances ne sont pas enregistrées : plus de 50 millions d’enfants commencent leur vie sans avoir d’identité. Rien qu’en Asie du Sud, 24 millions d’enfants ne sont enregistrés. Cette région étant celle où le nombre de naissances non déclarées est le plus élevé. En Afrique subsaharienne, 18 millions de naissances ne sont pas enregistrées.
D’autres cas
Les difficultés de survie des enfants de la rue, de ceux qui sont en détention, ou dans des pays en conflits armés ont surtout attiré l’attention de l’auditoire. Des dizaines de millions d’enfants vivent dans les rues au vu de tous, mais paradoxalement, ils se placent dans la catégorie des plus invisibles de tous. Leur souffrance est ignorée et leurs besoins négligés. Les enfants des rues sont exposés à toutes les formes d’exploitation et de mauvais traitements. Quant au cas des enfants en détention, ils seraient selon l’Unicef plus d’un million à travers le monde. La majorité des détenus mineurs n’ont pas accès aux soins de santé, à l’éducation ni à une protection. Certains sont victimes de violences physiques et sexuelles. Enfin, selon les estimations lues par Rima Salah, il y aurait actuellement dans le monde plus de 250 000 enfants soldats prenant part à des conflits armés.
La sonnette d’alarme de l’Unicef
Face à cette situation contre laquelle la majorité des organisations des droits de l’Homme ou des enfants est incapable de lutter, Rima Salah et Jacques Hintzy ont tout d’abord montré leur pessimisme avant d’attirer l’attention des dirigeants et tous ceux qui sont impliqués dans le devenir de ces enfants. L’Afrique est surtout et particulièrement indexée sur le problème de vente d’enfants au Bénin et au Togo, les problèmes des enfants bouviers et mouhadjirines (écoles coraniques) au Tchad ou sur une autre terre. Les règles islamiques se pratiquent souvent faussement. Il y a également le problème des enfants soldats en République Démocratique du Congo, en Sierra Léone, en Côte-D’Ivoire etc., qui a fait l’objet de débats au cours de la présentation de ce rapport. Sans oublier surtout celui du sida. Car malgré des efforts de partout, les enfants dans le monde vivent en grande partie dans une situation vulnérable, marginalisée et laissée pour compte.
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