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La Fête de l’Huma a toujours la cote

Par Hacène Ouffar


La 73ème édition de la Fête de l’Huma est (encore) un succès. Comment ne le serait-elle pas puisqu’elle parvient, comme chaque année, en l’espace de trois jours, sur un terrain de 70 hectares (Le parc de La Courneuve) à réunir plus d’un demi million d’humanistes représentant non seulement tous les coins de France mais aussi chaque recoin du monde ?

"Originale, unique par son ambiance chaleureuse, fraternelle, solidaire, mêlant détente, expositions, culture, concerts et musiques diverses, débats, gastronomie de toutes les régions de France et du monde, telle sera cette fois encore l’édition 2008 de la Fête de l’Humanité.", promettait déjà Patrick Le Hyaric, directeur du journal organisateur, dans son éditorial consacré à cet événement. On pouvait pourtant lui dénier son euphorie et s’attendre plutôt à une grande morosité au vu du contexte politique, économique et social français et international qui se trouve en très grande difficulté.

Mais, n’est- ce pas précisément cette situation de désastre généralisé qui incite et booste ces mêmes humanistes à sortir de leur léthargie et de leur indifférence puis venir dans l’un des derniers espaces de contestation qu’est la Fête de l’Huma pour y déverser, à la fois, leur amour du prochain et leur venin à l’endroit des despotes de tous bords ? Car, comme aux yeux du chanteur reggae ivoirien, Tiken Jah Fakoly, la Fête de l’Huma ne devrait-elle pas aussi être "un festival des guerriers" ou viendraient tous les passionnés de la paix et de la fraternité ? Ne devrait-elle pas être une occasion de dénoncer les abus commis ici et là par ceux qui sont aux commandes d’un navire qui chavire aujourd’hui plus qu’hier ?

Evidemment, la Fête de l’Huma est avant tout un carrefour dédié à la culture. Mais rien n’est vain : il faut, à l’instar de Thomas Dutronc, un participant de marque à l’événement, "croire au pouvoir de la culture et de l’éducation". Il ne sera d’ailleurs contredit ni par le rocker Cali qui pense que "la Fête de l’Huma, c’est la révolution permanente", ni par le rappeur Kery James qui estime que son art est lui-même "une forme de révolution". Ainsi la lutte passerait par les mots. Mais des mots pertinents comme ceux choisis par la section PCF d’Elboeuf qui les cisèle ainsi : "Le vrai révolutionnaire est guidé par un grand sentiment d’amour". Ou encore ceux de la section du Paris 11ème pour qui "Notre seule liberté [c’est de] nous battre pour la conquérir".

Sans doute, des propos pour panser tous les maux dont souffrent systématiquement tous les secteurs. Des phrases pour traiter du système de santé, de l’avenir et du pluralisme des médias, du syndicalisme, des retraites, du développement durable et du progrès social, de l’énergie, de l’agriculture et de l’alimentation, du capitalisme, de la résistance et de l’alternative politique.

Ce pourquoi peut être François Hollande du PS estime qu’il est l’heure "préparer les rassemblements de demain, en tirant les leçons de l’histoire de la gauche, de ce qu’elle a produit et quelquefois, de ce qu’elle n’a pas pu faire accoucher, c’est-à-dire un changement durable". Ce à quoi réplique Marie-Georges Buffet du PC en affirmant que "C’est ce que nous voulons faire tous ensemble". Que d’ambitions donc et que de défis qui laissent présager qu’hélas et heureusement à la fois, la Fête de l’Huma a encore de beaux jours devant elle…

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