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Football féminin : du vrai spectacle

Par Ahmat Zéïdane Bichara

L’équipe féminine B de football de la ville d’Ivry, championne d’honneur, s’est difficilement imposée sur celle d’Association Sportive du Bon Conseil sur la marque de 1 but à 0. Vous ne le saviez pas? C'était dans l’après-midi du samedi 26 février 2006 sur la belle pelouse du stade du Centre Sportif Emile Antoine, situé dans le quinzième arrondissement de Paris, non loin de la Tour Eiffel. Ce but a été marqué sur penalty par Claudia, détentrice du dossard numéro sept de son équipe, à la 33e minute de la première mi-temps. C’était un match comptant pour le championnat d’Ile-de-France des équipes B, championnes d’honneur Senior.

Des filles qui jouent au football ? Cela paraît certes un peu étrange pour les non initiés. Pourtant, elles l’ont fait, et bien. Le ballon a circulé dans tous les sens. Chose souvent rare à observer, même dans certains matchs de football masculin de haut niveau. "Une équipe qui n’applique pas les règles du jeu constitue un danger pour le futur du football féminin. Ça va chauffer dans quelques minutes", clame l’entraîneur de l’équipe d’Association Sportive du Bon Conseil, Frédéric Roubeau, à quelques minutes de la rencontre. Ça a vraiment chauffé ce samedi 26 février… et personne ne s'y attendait.

Elles savent occuper le terrain, courent derrière la balle avec une résistance incroyable, jusqu’à la fin du temps règlementaire qui est de 90 minutes, comme l'a prévu la Fédération Internationale de Football Association. Elles driblent également avec une technique étonnante. Ce qui séduit le plus les supporteurs, ce sont leurs attaques. Elles ne sont pas à la brutalité, mais au contraire celles des vraies professionnelles. Les mots manquent pour qualifier tout cela. Bref, des gardiennes aux attaquantes, en passant par celles qui gèrent le milieu de jeu, tout le monde s’est défendu comme il a pu pour produire un match d’un niveau appréciable. C’était "vrai" et vraiment du vrai football.

À première vue, il paraît difficile de faire la différence entre la manière masculine de jouer au football et celle de ces filles, qui ont offert aux supporteurs ce qu’ils n’attendaient pas. Juste un peu de patience. On prend le temps d ‘observer chacune des joueuses, les courses, les attaques, la brutalité qui se produit soit par maladresse, soit par manque de fair-play, l’ensemble des mouvements, avec l’œil d’un bon sportif ou d’un supporteur avisé, et on se rend compte aussitôt de la nouveauté que les filles apportent dans ce sport longtemps vu par la population comme la propriété des hommes. On sent l’odeur du vrai match, un football où le savoir-faire s’est imposé sur la brutalité. Les spécialistes diront naturellement que les filles maîtrisent les règles qui régissent le ballon rond. En d’autres termes, on dira qu’elles sont moins agressives. D’après Patrice Bardia, le président de l’Association Sportive du Bon Conseil, les filles sortent de plus en plus du football amateur pour embrasser le professionnel.

Le début de la rencontre ressemble à une vraie fête au village. Quelques joueuses, les arbitres et les membres du staff de deux équipes défilent dans tous les sens. On observe ceux qui discutent en attendant le match ou encore se partagent des boissons non-alcoolisées pour être en bonne forme. Certaines font de la gymnastique pour se préparer à cette importante bataille sportive. D’autres sont occupées à préparer leurs protège-tibias. Des supporteurs peu nombreux, mais très remarquables: ils crient, hurlent, sifflent et chantent comme s'ils étaient des milliers des chansons qui motivent leurs équipes à s’affronter avec beaucoup de vigueur. Entre-temps, les techniciens s’activent pour mettre tout en place afin de permettre un bon déroulement du match. À 17 heures 45 minutes, c’est le début de la rencontre. Tout le monde se retrouve sur le terrain en adversaires positifs et non en ennemis comme dans beaucoup d’autres cas. Car le football, comme l'ont chanté des musiciens africains, ce n’est pas la guerre.

 

 










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