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L'âge d'or des sciences arabes
La contribution des savants arabes dans l'évolution des sciences
Par Ahmat Zéïdane Bichara
L'Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris consacre du 25 octobre 2005 au 19 mars 2006 une exposition à l'âge d'or des sciences arabes. Une première dans l’histoire de cet établissement universitaire ! « Entre 1996 et 1997, nous avions organisé une exposition consacrée à la médecine arabe », explique une organisatrice. « Elle avait eu du succès. Cette année, toutes les sciences sont concernées. On espère que cette initiative ravira les visiteurs. Depuis l’ouverture des portes, nous avons déjà enregistré en moyenne 15 000 entrées, ce qui correspond à quelque 1300 personnes par jour ».
D'après les responsables de l'IMA, l’objectif est de montrer au public différents aspects du développement impressionnant qu'ont connu les sciences à l'époque de ce qu'il est convenu d'appeler l'âge d'or de la civilisation arabo-musulmane (VIIIe et XVe siècle). C'est également une manière plus discrète de mettre en avant les contributions du monde arabo-musulman à son apogée dans des domaines aussi divers que les mathématiques, l'astronomie, la cartographie, la médecine, la chirurgie, la pharmacopée etc.
Quelque 200 pièces prêtées par une quarantaine d'institutions sont présentées dans un espace d'exposition intégrant des modules audiovisuels.
La visite proprement dite commence par la lecture d'un préambule qui évoque les héritages que s'est approprié la science arabe naissante : ceux de la Grèce antique (Hipparque, Ptolémée, Galien, Dioscoride, Euclide, Archimède, etc.), de l'Inde, de la Perse et de la Mésopotamie, en insistant sur l'arabe qui devient la langue de la diffusion des savoirs. Cette introduction aborde l'une des disciplines qui vient immédiatement à l'esprit lorsque l'on songe à l'apport des savants arabes au développement scientifique de l'Europe : les mathématiques. C’est surtout le bien fondé de la civilisation arabo-musulmane qui est démontré ici. Une civilisation qui a légué le système de numération (avec le zéro), hérité de l'Inde et utilisé aujourd'hui dans le monde entier. Les mathématiques arabes sont également les fondateurs de nouvelles disciplines, comme l'algèbre et la trigonométrie.
Après la lecture de ce préambule, c'est le vrai parcours qui commence. Une équipe très organisée est mise sur pied pour orienter les visiteurs. Au fond d'une salle aménagée pour la circonstance flotte une musique arabe très douce, ce qui provoque rapidement chez le visiteur un sentiment festif. Des documents d'information sur l'exposition elle-même sont gratuitement distribués au public. On est frappé par la beauté et la richesse des multiples affiches, ou d'outils qui témoignent la première invention scientifique des savants arabes. « Je ne savais pas que les Arabes avaient apporté leur contri bution à l'évolution progressive des sciences », s'exclame une dame, visiblement marquée par la découverte. Pour une autre, ce sont plutôt les instruments de musique qui l'attirent. « Il faut dire que ces objets fabriqués par des savants arabes sont assez spéciaux », confie-t-elle.
C'est impressionnant de voir des visiteurs se tenir debout pendant de longues minutes, à observer les différents objets ou à contempler la carte du monde arabo-musulman, qui illustre l'étendue territoriale de cette civilisation, en situant les grandes capitales du pouvoir politique et les centres scientifiques les plus importants tels que Bagdad, Damas, Cordoue, Le Caire, Samarcande et Marrakech.
Trois modules audiovisuels présentent, d'une part, la diversité de l'empire arabo-musulman (paysages et villes), d'autre part, l'apport scientifique hérité des autres civilisations, et enfin, les mathématiques comme discipline transversale.
L'exposition est scindée en trois sections. La première, intitulée « Le ciel et le monde », rend compte des pratiques qui ont permis aux scientifiques arabes d'observer le ciel et la terre, de les mesurer, de les décrire et de les interpréter. Elle est suivie par celle qui s'attache à rendre compte des savoirs se rapportant à l'homme en tant qu'être humain, à l'étude du milieu dans le lequel il évolue et, enfin, aux technologies mises en oeuvre pour ses multiples besoins physiques et sociaux. Il s'agit du « monde du vivant et l'homme dans son environnement ». Elle s'appuie sur des connaissances indiennes, persanes et surtout grecques.
Elle s'est développée grâce aux contributions de savants de haut niveau, comme Al-Râzî, Ibn Sînâ et Ibn al-Jazzâr. Leurs découvertes ont résulté d'une maîtrise des aspects théoriques de cette science et à leur sens aigu de l'observation. Le canon de la médecine d'Ibn Sînâ, plus connu en Europe sous le nom d'Avicenne, restera longtemps le principal ouvrage de référence de la science médicale, aussi bien en Orient qu'en Occident.
La dernière section, pour achever ce tour complet des sciences arabes, présente « les sciences et arts ». C'est ici que l’on découvre le plus d’objets palpables (lampe de mosquée en verre émaillé et doré, kouitira ou instruments de musique anciens etc.) fabriqués par des grands savants arabes dont la liste est très longue. Elle met en évidence les rapports qui ont existé entre les sciences et leurs applications dans les productions artistiques.
C’est ici que s’achève notre parcours. N’hésitez pas à y faire un tour, un vrai !
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