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Visa pour l’image
Par Izana Laaroussi
Le 19eme Festival International du photojournalisme Visa pour l'image de Perpignan ferme ses portes le 16 septembre, après deux semaines de tables rondes, de colloques, de soirées et d'expositions des plus grands noms de la photographie.
La semaine professionnelle de cette édition s'est terminée dimanche 9 septembre par l'attribution du troisième et dernier prix programmé cette année, le prix Visa d’or catégorie «news» au photographe néerlandais Kadir Van Lohuizen (44 ans) pour son reportage au Tchad. Lors de la même soirée, un hommage a été rendu à tous les journalistes en exil, par un reportage photo particulier : il s'agit de clichés des résidents de la Maison des journalistes. Rappelons que 127 journalistes ont été tués en Irak.
Du people!
Visez plutôt l'edito du journal du Festival : c'est François Leroy qui l'écrit, il est directeur et présentateur de Visa pour l’image. «Nous avons toujours affirmé que nous n’aimons pas le «people». Désolés ! Nous avions tort. Il faut reconnaître notre erreur. Au moins, les photographes qui font des portraits de people ont-il du talent».
Et pour aller dans le sens de ses propos, une petite exposition à l'écart, timide, présentant des clichés de stars du cinéma et ceux d'une pincée d'hommes politiques. Mais c'est l'humanitaire qui inspire le plus les photographes exposés.
Parmi les expositions, «Mineurs en peine», de Lizzie Sadin, qui a remporté le prix Visa d’or catégorie magazine. Huit ans de travail pour réaliser ce reportage, et de nombreuses visites dans les prisons du monde (Etats-Unis, Brésil, Russie, Colombie, Madagascar….). Selon elle, plus d’un million d'enfants dans le monde vivent en détention sans pouvoir bénéficier de l’aide d’un avocat, le plus souvent dans des pays où il n’existe ni tribunaux pour enfants, ni juges spécialisés.
Des barreaux
Le milieu carcéral a été très présent dans cette édition puisque un autre prix Visa d’or a salué le travail de Mikhael Subotsky, prix du Jeune reporter de la ville de Perpignan, pour un reportage dans les prisons sud-africaines.
De son côté, Samuel Bollendort a choisi de fixer l'œil de son appareil sur un autre sujet : «Les oubliés de la croissance» en Chine. Point de vue défendu : les entreprises du monde entier profitent de la main d'œuvre chinoise, qui travaille sans protection sociale, sans protection matérielle (masque, manque d'aération), pour gagner à peine de quoi vivre.
Ian Berry de l'agence Magnum a présenté les enfants esclaves au Ghana, des enfants parfois très jeunes (quatre ou cinq ans) vendus par leurs propres parents à des pécheurs locaux. Ces enfants esclaves n'ont ni salaire ni droit à la scolarité.
Le Festival International du photojournalisme de Perpignan est l'occasion d'échanges internationaux entre photographes, éditeurs et media. Cette année, le Festival est soutenu par 4000 professionnels et 24 partenaires venant de tous pays. Depuis sa création, Visa pour l'image a atteint cette année le seuil des trois millions de visiteurs.
Depuis 19 ans, affirme Guy Peron (président de l’association visa pour l’image) dans son edito, «Toutes ces années ont été consacrées à la mise en avant d’une certaine analyse photographique des événements de ce monde, qui tend à aller au-delà de celle diffusée par les médias traditionnels. Certains trouveront cette attitude provocatrice. Mais c’est justement le but recherché, car seule cette ligne directrice permettra de dénoncer les acteurs nocifs de la planète.»
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