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L'UNHCR sur le Parvis des droits de l'Homme à Paris

Par Hacène Ouffar

Pour les responsables du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), la journée du 20 juin "devrait être un temps de réflexion sur l’incroyable courage et la persévérance de ceux qui ont tout perdu mais qui refusent de perdre espoir".

A Paris, en marge d’une exposition photos organisée sur le Parvis des droits de l’Homme du Trocadéro, c’est Marie-Ange Lescure, la porte parole de l’UNHCR qui explique la portée de la question. Avec regret, elle évoque d’abord le cas de "centaines de milliers d’africains persécutés dans l’anonymat". Selon cette ancienne journaliste, aujourd’hui pleinement engagée dans le HCR, "ces populations empêchées de franchir les frontières internationales ne bénéficient pas de l’assistance accordée aux réfugiés statutaires". Le dossier est, dit-elle, lourd et nécessite un traitement particulier : "Les déplacés internes sont, aujourd’hui, l’une nos plus grandes préoccupations", insiste t-elle en citant les exemples du Darfour, de l’Ouganda et du Kenya où des millions de personnes sont omises par les statistiques officielles.

Marie-Ange Lescure revient également sur la question du "retour volontaire" qui pose une véritable problématique aux humanitaires. "C’est un processus compliqué", assène-elle en faisant référence aux exilés burundais qui, après des décennies vécues en Tanzanie font le vœu d’un retour compromis au pays d’origine. Tâche impossible, apprend-on, sans l’intervention de l’UNHCR qui doit "remettre en état des infrastructures à même de les accueillir". Au sud du Soudan, les humanitaires procèdent même à des phases de déminage des points d’eau, indique-elle pour souligner les besoins de ceux que le jargon appelle déjà les "retournés".

La mission est tout aussi compliquée dans le traitement "des crises oubliées" du de la R.D.C, du Rwanda, de l’Erythrée et surtout de la Somalie où des milliers de personnes, au péril de leur vie, tentent la traversée du golfe d’Aden dans des embarcations de fortune.
Encore plus périlleuses, les tentatives de fuite vers l’Europe de plus en plus réticente à recevoir tous ces malheureux de l’autre rive. Une réticence que Marie-Ange refuse de juger en appelant "tout simplement" à l’application du droit international : "La loi maritime exige de porter secours à toute personne en détresse" ajoute-t-elle.

Afin d’éviter l’amalgame fait autour d’un réel besoin de protection et le problème de l’immigration clandestine, elle appelle les pays européens à collaborer avec les structures spécialisées telles que l’UNHCR, seules aptes à "séparer le grain de l’ivraie".

Fruit de hasard, au même instant, la porte parole de l’UNHCR assiste à l’interpellation d’un sans papier sur le Parvis des droits de l’Homme. Et Marie- Ange Lescure de conclure : "En somme, nous ne sommes que des docteurs et des infirmiers qui soignons des drames humains". C’est sans doute assez pour entamer la réflexion recommandée par les initiateurs de cette journée dédiée aux réfugiés.

 

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