 |
Arlette Laguiller : la dernière chance
Par Izana Laaroussi
Au Zénith, dimanche 15 avril, s'est tenu le plus grand meeting d'Arlette Laguillier dans cette campagne électorale 2007.
Arlette Laguiller, 67 ans, membre de la direction nationale, porte parole et candidate de Lutte Ouvrière, a été la première femme à se présenter à une élection présidentielle en France ; c'était en 1974.
Aujourd'hui c'est sa sixième participation et la dernière, après ses candidatures de 1974, 1981, 1988,1995, et 2002. Dans son intervention devant les militants ouvriers, elle a assuré que si elle était élue, elle allait résoudre les trois catastrophes majeures, qui sont pour elle le chômage massif, la crise du logement et la dégradation du niveau de vie de la plus grand partie de la population .Cette dégradation dans tous les domaines, selon Mme Laguiller, "ne doit pas se poursuivre indéfiniment ! Tôt au tard, la colère éclatera et provoquera un mouvement revendicatif vaste, puissant, englobant tout le monde du travail".
Tous les observateurs affirment qu'elle ne propose rien de nouveau, que c'est le même discours depuis 1974. Elle répond à cela qu'elle ne peut que répéter les mêmes choses, puisque rien n'a pas changé en trente ans, sauf en pire. "Chaque gouvernement, qu'il soit de gauche ou de droite, n'a fait que faire descendre une marche ou tout un étage au niveau de vie et aux conditions de travail des salariés."
Dan son allocution, elle a beaucoup critiqué les programmes de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy, et elle a même affirmé que son programme était meilleur que celui de Ségolène royal ; elle pense pouvoir résoudre le problème du logement en trois ans, et pas dix ans comme le propose Mme Royal. Dans la même lignée, elle propose l'augmentation du SMIC à 1500 euros net, contrairement à la candidate socialiste qui propose 1500 euros brut, c'est-à-dire 1254 euros net, non pas dès son arrivée à la présidence, mais seulement lorsque ce sera possible.
Bref, Arlette Laguiller a répété le nom de Ségolène royal dans son discours plus de 26 fois, ce que signifie qu'elle est consciente d'avoir une adversaire dangereuse. Toujours parlant d'elle, la candidate de la LO affirme que : "Elle ne pourra résoudre aucun des problèmes des classe populaires, elle ne pourra rien pour résorber le chômage, elle ne fera rien pour arrêter l'effondrement du pouvoir d'achat .Elle ne fera rien pour régler la crise du logement populaire."
Au Zénith, plein à craquer, environ 5.000 personnes sont venues la soutenir dans cette dernière ligne droite…
Les militant ont scandé "c'est Arlette la force de travailleurs" en brandissant leurs drapeaux rouges. Aucun drapeau français n'a été exposé dans la salle, et c'est l'Internationale plutôt que la Marseillaise qui a été chantée. "Ils ne reconnaissent pas le drapeau tricolore français", affirme Mme Laguillier : "depuis que la France bourgeoise est devenue la France impérialiste, c'est sous ce drapeau que les troupes françaises ont massacré lors de la conquête de l'Algérie, de Madagascar, de l'Indochine. Puisqu'on a assassiné ceux qui osaient remettre en cause la domination coloniale française, dans ces pays, le drapeau n'est pas un symbole de la liberté mais celui de l'oppression et de l'oppresseur. Nous ne reconnaissons pas ce drapeau comme le nôtre, c'est le drapeau des fusilleurs. Notre drapeau ce n'est pas le drapeau tricolore, mais le drapeau rouge, le drapeau des ouvriers, de la révolution et notre chant ce n'est pas la Marseillaise, c'est l'Internationale"…
A trois jours du premier tour des présidentielles, ce meeting était la dernière occasion pour Arlette Laguiller de mobiliser les foules autour de sa dernière candidature.
 |
 |
|
 |
|