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Driss Chraibi : le père du printemps n'est plus

Par Youcef Zirem

Il était l'ancêtre de la littérature maghrébine d'expression française. L'auteur inimitable de "la Mère du printemps" s'est éteint dimanche 1er avril, dans la Drôme. Mais son oeuvre, foisonnante et plurielle, restera.

C'est à El Djadida, au Maroc, qu'il naît en juillet 1926. Après Casablanca, il arrive à Paris en 1946 pour faire des études de chimie. Son diplôme d'ingénieur en poche, il décide de se consacrer au journalisme et à la littérature. Son premier roman, "Le Passé simple" paraît en 1954 et engendre une polémique au moment où le Maghreb tente de reconquérir son indépendance. "Le Passé simple" décrit la révolte d'un fils et la haine de son père ; c'est exactement la situation de l'écrivain en ce moment-là. "Les Boucs", le deuxième roman de Driss Chraibi sort une année après. Producteur à l'ORTF, l'écrivain continue à créer, à raconter son pays et se poser des questions sur l'existence.

Plusieurs prix viennent récompenser son oeuvre : prix littéraire de l'Afrique méditerranéenne en 1973, prix de l'amitié franco-arabe en 1981 ou encore prix Mondello, en Italie, pour la traduction de son roman "Naissance à l'aube". En 1982, Driss Chraibi dédie son roman "la Mère du printemps" (Oum-errebîa) à "toutes les minorités du monde qui, au final, sont la grande majorité du monde". Dans ce texte, Driss Chraibi revient sur l'histoire des Berbères et narre l'arrivée de l'Islam dans ces contrées des Imazighen, les hommes libres. Cette fiction apporte alors aux lecteurs un printemps tellement grandiose que l'on est tenté de dire que c'est le père de cette saison des fleurs et de l'harmonie qui s'en va aujourd'hui...

Driss Chraibi a également écrit des polars et a mis en scène l'inspecteur Ali pour dire certaines choses, peu gaies, sur le Maroc, un pays qu'il aimait, un pays qu'il voulait surtout meilleur..."L'homme, depuis sa naissance, est coincé entre deux mirages : l'un qui le pousse dans le dos et qui est la mort, l'autre étant l'horizon de la vie qui recule sans cesse", écrivait Driss Chraibi dans "Une enquête au pays". Oui, l'horizon de la vie n'est jamais infini...



 

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