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Ses textes pluriels et originaux sont à découvrir
Le souvenir impérissable de Mohamed Leftah
Par Youcef Zirem
Après vécu en France, Mohamed Leftah s’installe au Caire. C’est là qu’il trouve la mort, récemment ; il avait 62 ans. L’enfant de Settat, au Maroc, était un fou de littérature ; sa vie entière est dédiée aux livres et à la création.
Informaticien, puis journaliste, il publie "Demoiselles de Numidie" en 1992, aux éditions de l’Aube. Puis il change d’éditeur et donne ses textes à La Différence. Sortent ainsi, "Au Bonheur des limbes", "L’Enfant de marbre" ou encore "Un martyr de notre temps". Les éditions de la Différence sortiront, en principe, au début de l’année prochaine deux livres inédits de Mohamed Leftah : "Le Jour de Vénus" et "Une Chute infinie".
Mohamed Leftah considérait l’écriture comme un exil. "La notion d’exil suppose que l’on ait été contraint au départ. Ce n’est pas le cas pour moi. J’ai choisi de vivre en "exil" dans la mesure où je pouvais rester au Maroc. Mais c’était plus intéressant pour moi de vivre hors de mon pays d’origine, d’autant plus que j’avais l’expérience de l’expatriation à Paris où j’ai vécu plus de quatre ans. L’exil n’est pas à prendre uniquement au sens physique du terme, l’écriture est elle-même une forme d’exil. On s’abstrait du groupe, on est face à soi avec comme seul horizon une page blanche à meubler", disait-il.
Mohamed Leftah a essayé de dire, tout haut, durant toute sa vie, ce que la société pense tout bas, surtout les tabous d’ordre sexuels et politiques. Jusqu’à ses derniers jours, il était préoccupé par ceux qui défendent un islam intolérant et qui ignorent, superbement, tout un pan de la civilisation musulmane, fait de lumières et de modernité. Mais l’écrivain savait également que les régimes musulmans utilisaient, tous, cette forme intolérante de l’islam pour demeurer éternellement à la tête des états. C’est dire s’il était un intellectuel lucide et éclairé.
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