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Sahara occidental
Crise de confiance entre le front Polisario et l'envoyé spécial de l'ONU
Par Izana Laaroussi
Le front Polisario, qui lutte pour l'indépendance de l'ancienne colonie espagnole occupée par le Maroc, ne fait plus confiance à Peter Van Walsum, envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies au Sahara occidental, après la déclaration de celui-ci au conseil de sécurité de l'ONU le 21 avril dernier. Peter Van Walsum avait écrit que l'indépendance du territoire disputé n'était "dorénavant" plus une option réaliste.
Mohamed Sidati, ministre sahraoui pour l'Europe et conseiller à la présidence du Front Polisario, a confirmé mardi 6 mai dernier sur l'antenne de Radio France Internationale que Peter Van Walsum n'a plus la confiance du peuple sahraoui. Par conséquent, il ne peut plus jouer un rôle dans le processus en cours visant la décolonisation du Sahara occidental. "Il appartient maintenant aux Nations Unies d'en tirer les conclusions et de prendre une décision à ce sujet", a déclaré M.Sadati.
Cette déclaration d'un haut dirigeant sahraoui est synonyme du divorce entre le front Polisario et l'émissaire de l'ONU. Le Polisario exige sa démission. La résolution 1813 adoptée à l'unanimité par les quinze membres du conseil de sécurité le 30 avril dernier, réaffirme la pertinence des résolutions précédentes (1754 et 1783) qui ont tracé le cadre et la finalité de la négociation entre le Front Polisario et le royaume du Maroc. A savoir, l'autodétermination de peuple sahraoui. La dernière résolution demande aux deux parties de poursuivre les négociations sous les auspices du secrétaire général Ban Ki-Moon, "sans conditions préalables et de bonne foi". Elle souligne aussi que les deux protagonistes doivent faire preuve de "réalisme" lors des pourparlers qui doivent aboutir à une solution politique.
" Les pourparlers doivent être justes, durables et mutuellement acceptables, c'est à dire doivent prévenir l'autodétermination du Sahara occidental" peut-on lire dans la résolution. Donc, la déclaration du Conseil de sécurité, sortie neuf jours après celle de Peter Van Walsum, contrarie les propos tenus par le représentant onusien au Sahara. Manque d'expérience ? Faute professionnelle? Selon Mohamed Sidati, ces propos ne sont pas que "des maladresses", mais "beaucoup plus. C'est une grave erreur, au lieu de la neutralité et de l'objectivité qui sied à un médiateur, il opte pour des déclarations partisanes, injustes, déséquilibrées. Il s'aligne donc sur les thèses de l'occupant et encourage quelque part la continuation de la confiscation des droits du peuple sahraoui" a indiqué M. Sidati. Apparemment le mot "réalisme" utilisé dans la résolution a été interprété par le Maroc dans le même sens que Peter Van Walsum. Pour sa part, M.Sidati déclare que le réalisme, c'est accepter la voie démocratique des urnes, c'est-à-dire un référendum de décolonisation.
Privilégiant la négociation directe et programmée entre les deux parties, vu l'échec des négociations précédentes, le front Polisario croit toujours à cette démarche comme un moyen d'arriver à bout des difficultés. Il a par ailleurs demandé aux pays amis du Maroc, notamment la France, "d'user de leur influence auprès de leur partenaire Marocain afin qu'il accepte la voix de la négociation pour la résolution du conflit."
M.Sidati a également attiré l'attention de la Communauté Internationale sur les violations répétées (par le Maroc) des droits de l'homme au Sahara occidental. Et il a demandé aux Nations Unies, à travers la MINURSO (Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental) de protéger le peuple sahraoui…
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