La Maison des journalistes
 
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Ahmat Zéïdane Bichara, 1er prix Lorenzo Natali

Par Hacène Ouffar

Ahmat Zéïdane Bichara est un journaliste originaire du Tchad que la France vient d’accueillir pour le sauver d’une mort certaine. Et pour cause, ce frêle trentenaire, après bien de "hauts faits de plume" fut le révélateur du scandale dit des "centres de dressage" accablant sans ménagement les islamistes intégristes de son pays et d’ailleurs, et suscitant l’émoi de la communauté internationale.

Entamée en janvier 2005, l’enquête d’Ahmat prouva en effet que sous la couverture de "redressement et de rééducation’’, des dizaines de medersas infligeaient aux femmes et aux enfants des traitements à la limite de la barbarie. Elle est encore plus retentissante lorsque France 2 en fait écho dans son émission phare Envoyé spécial, diffusée le 15 septembre de la même année. L’affaire pousse jusque dans leurs derniers retranchements les plus hautes autorités du pays, dont le premier magistrat, Idriss Debby, qui dut faire son mea culpa devant les micros et les caméras d'autres media français. Ces derniers, mesurant sans doute les dangers qu’encourt leur confrère africain, s’empressent de l’expatrier de sa terre natale ou une fetwa était déjà lancée à son encontre.

Pourtant, bien avant de susciter autant d’intérêt et d’égards, ce "musulman-pratiquant", aime-t-il à préciser, ne fut qu’un petit berger entouré de bœufs et de chèvres sur les hauteurs du petit village nommé Korolenko. C’est là-bas qu’il s’imprègne des valeurs rigoureuses de "la morale, la sagesse et là philosophie" de la brousse. Des valeurs qui l’engageront plus tard dans des combats périlleux et surtout inégaux pour la liberté. Durant son parcours, il n’omet pas de "glaner" de prestigieux diplômes décernés par de non moins prestigieuses écoles de psychologie, d’enseignement, et de journalisme.

Puis, en "troubadour polyglotte", il sillonne tour à tour le Cameroun, la République Démocratique du Congo, la République de Centrafrique, le Soudan, le Nigeria… Aujourd’hui loin des siens, cet orphelin de père et de mère entend poursuivre "son" chemin de la Justice et de la Vérité. Ces grandes causes qui heureusement savent ne pas être systématiquement ingrates. Mieux, elles entreprennent de réhabiliter ces hommes humbles et nobles de trompe de Zéïdane. Pour preuve, notre "éxilé" a reçu, vendredi 10 mars à Bruxelles, le 1er Prix Lorenzo Natali, récompensant les meilleurs travaux traitant des …droits de l’Homme. Une consécration hautement méritée…

Qu'est-ce que le Prix Lorenzo Natali?










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