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Ryszard Kapuscinski
L’écrivain de l’histoire immédiate s’en est allé

Par Youcef Zirem

Il était dans la lignée d’Albert Londres ou de Jospeh Kessel. Il vient de partir mais son œuvre restera. Ses livres "le Négus" (1978) ou "le Shah" (1982) demeurent des classiques.

C’est au mois de mars 1932 qu’il naît à Pinsk (actuelle Biélorussie). Grand reporter, il connaissait l’Afrique des pauvres, il avait des analyses lucides sur le régime du Shah d’Iran, il n’ignorait pas également les systèmes communistes. Son livre "Ebène", avait été élu meilleur livre de l’année 2000 par la rédaction du magazine Lire et avait reçu le prix Tropique, attribué par le Sénat. En 2003, il avait reçu le prix international Principe de Asturias. "Trois fléaux menacent le monde : la plaie du nationalisme, la plaie du racisme et la plaie du fondamentalisme religieux. Trois pestes unies par la même caractéristique, le même commun dénominateur, la plus totale, agressive et toute puissante irrationalité. Impossible de pénétrer dans un esprit contaminé par un de ces maux", disait-il.

Quand il publie "Le Négus" en 1978, Ryszard Kapuscinski a déjà à son actif plus de dix ans de grand reportage à travers le monde. Correspondant pour l'Agence de presse polonaise, il a suivi des dizaines de guerres, et couvert autant de révolutions "tiers-mondistes", du Ghana au Soudan, et de la Bolivie au Mozambique. Il invente sa propre méthode, un dosage subtil entre enquête et art du récit bien ficelé. Kapuscinski était parmi les premiers journalistes à rallier la cause de Solidarnosc. A propos de l’Iran du Shah, il affirmait : "Il fallait que tout le monde ait peur, que chacun, coupable ou innocent, se sente menacé, que personne ne se croie en sécurité."

L’auteur de "Mes voyages avec Hérodote" (2004) est mort le 23 janvier dernier à Varsovie. "L'appartement que je loue à Lagos est régulièrement cambriolé, non seulement quand je pars pour une longue période au Tchad, au Gabon ou en Guinée. Même quand je vais moins loin, à Abeokuta ou à Oshogbo, pour une brève période, je sais qu'à mon retour l'encadrement de ma fenêtre aura été démis, les meubles renversés, les armoires dépouillées", écrivait-il dans Ebene.

 



 

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