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28ème Salon du livre de Paris
Entre boycottage et bon souvenir
Par Youcef Zirem
Une fois n’est pas coutume, le Salon du livre de Paris a été, cette année, relativement agité.
Avant même que cette grande manifestation culturelle ne démarre, des appels au boycottage se sont fait entendre. L’un des premiers appels vient d’un grand poète israélien, Aaron Shabtai. "Je considère qu’il ne s’agit que d’une occasion de propagande dans laquelle Israël va s’exposer comme un Etat qui a une culture, des poètes, et en cachant qu’en ce moment même il est en train d’accomplir de terribles crimes contre l’humanité", dit-il à un journal italien. Les pays arabes rejoignent la démarche de ce poète, tout de suite après. Au final, certains écrivains d’origine arabe ont signé leurs livres au Salon du livre de Paris mais officiellement, les pays arabes ne sont pas venus.
Dans l’après-midi du dimanche 16 mars, une fausse alerte à la bombe a arrêté le Salon durant près d’une heure avant que les choses ne rentrent dans l’ordre. Il y a eu moins de visiteurs que l’année passée (avec 165.300 visiteurs, soit 8% de moins). La librairie du pavillon d’honneur du Salon a vendu beaucoup de romans israéliens ; les livres d’Amos Oz ont connu deux ruptures de stock en quatre jours. Le livre électronique a captivé l’intérêt de nombreux visiteurs. Les éditeurs de région commencent à se faire vraiment connaitre sur la place parisienne. De plus en plus d’éditeurs tentent l’expérience des beaux livres (avec une palette variée de sujets) et l’essai écrit par des gens qui "ont un nom" quelque part, dans un domaine ou un autre, progresse aussi.
Des discussions, il y en a eu également. Les stands de Radio France ont souvent passionné les visiteurs qui n’ont pas boudé ces causeries littéraires, transmises en direct du Salon du livre. L’écrivain algérien Boualem Sansal a eu le prix RTL-Lire pour son dernier roman "Le village de l’allemand", paru chez Gallimard et dont le sujet principal est en rapport avec la Shoah. Mais la star incontestable de ce Salon du livre, c’est Anna Gavalda. Durant deux jours, samedi et dimanche, elle n’a pas cessé de dédicacer son roman "Consolante", sur le stand de son éditeur, le Dilettante. Avec sa simplicité légendaire, Anna Gavalda discute d’abord un bon moment avec ses adorateurs avant de noter des phrases en guise de dédicace. Même quand elle mange son sandwich, Anna Gavalda continue ses dédicaces et ne perd pas son sourire. En tout cas, celles et ceux qui ont fait une longue chaîne pour approcher l’auteure de ce somptueux recueil de nouvelles qu’est "Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part" n’ont pas été déçus. Ils garderont, pour longtemps, un bon souvenir de ce Salon du livre.
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