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SIDA : bilan et perspectives
Par Hacène Ouffar
En un quart de siècle, le SIDA a causé pas moins de 25 millions de morts. Chaque jour, il tue 8.000 personnes dans le monde. Et chaque jour aussi 14.000 individus, dont 2.000 chez les enfants, en sont contaminés.
Ce sont là quelques macabres chiffres révélés par le 16ème congrès international sur la maladie, abrité pour la troisième fois par le Canada.
En effet, depuis sa découverte en 1981, le syndrome d’immunodéficience acquise ne cesse de décimer des pans entiers de la population mondiale sans que le monde s’en offusque outre mesure. Pis, il semble même s’en accommoder car passées les "dates commémoratives", tout le monde se résigne fatalement à… ne rien voir. Ou sinon comment ignorer que 1.800 enfants naissant quotidiennement sont porteurs du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et que ce même virus affecte aujourd’hui 38,6 millions de personnes dans le monde ...principalement dans les pays pauvres, notamment ceux de l’Afrique subsaharienne, où à titre d’exemple un Zambien sur cinq est séropositif. C’est dire toute l’étendue des dégâts résultant de cette terrible pandémie. Et le dire haut et fort c’est exiger la nécessité de tout mettre en œuvre pour tenter de la juguler. Car même si de louables initiatives, comme celle parrainée par le couple Gates, qui offre 500 millions de dollars à la recherche, sont prises ça et là, elles demeurent bien en deçà des attentes. Surtout lorsque l’on sait que les experts eux, "quémandent" au minimum 23 milliards de dollars d’ici 2010.
Il faut donc passer à la vitesse supérieure comme le réclame avec insistance l’Association Indépendante des Professionnels du VIH/SIDA (IAS) regroupant 7.000 membres issus de 132 pays. Elle en appelle à la plus grande responsabilité des détenteurs des pouvoirs financiers et politiques pour fixer des programmes plus concrets. Les spécialistes ne se font aucune illusion : le vaccin tant attendu ne veut point poindre. Les plus optimistes d’entre eux ne l’envisagent pas avant vingt ans.
Ainsi préconisent-ils d’intenses campagnes de prévention et de sensibilisation grâce auxquelles on enregistre une baisse des taux de contamination dans des régions les plus inattendues du globe telles que le Kenya, Haïti ou encore le Zimbabwe. Alors surtout, sortons couverts !

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