La Maison des journalistes
 
accueil    présentation    la maison    les résidents    l'oeil de l'exilé    les médias parrains    les partenaires    Reporters sans frontières    liens    contacts
bienvenue
façade de la maison

Tatouages : Europe, Afrique, des pratiques différentes ?

Par Abdoulaye Youlaké Camara

Le tatouage, de plus en plus prisé, consiste à faire des marques indélébiles sur la peau. Aux dires d’une spécialiste que nous avons rencontré : "Selon les régions, il a des interprétations différentes. Si le tatouage, en Europe, est un rite purement esthétique, en Afrique par contre, il fait marque d’une appartenance communautaire, ou sert de rite de passage de l’âge l’adolescence à l’âge adulte…".

Si le tatouage consiste, à l’aide d’épines ou d’aiguilles, à faire des marques sous l’épiderme, en Afrique, il a un sens magique, religieux ou thérapeutique. Les tatoueurs africains, encore appelé guérisseurs ou diseurs de bonne vérité, injectent des matières colorantes à base de potion magique propre aux Africains.

C’est ainsi que, selon les régions africaines, il est très fréquent de rencontrer des femmes aux lèvres tatouées, preuve de leur appartenance communautaire. D’autres n’hésitent pas à se faire une certaine beauté en tatouant leurs gencives ; le moindre sourire leur permet de les mettre en évidence.

En Afrique, le tatouage se fait à base de henné, de khôl ou encore de l'indigo, matières prisées sur le continent. Il est tout de même important de noter que sur là-bas, faute de techniques appliquées, des accidents ne sont pas écartés et des risques d’infections sont présents durant l'encrage ou la cicatrisation, qui dure de plusieurs semaines à plusieurs mois.

Sur le continent noir, les femmes utilisent fréquemment le henné à des buts de décorations corporelles temporaires, soit dans les paumes des mains, les plantes des pieds ou sur les orteils…

Quant aux professionnels du métier de tatoueur, ce sont la caste des forgerons et des cordonniers qui s’en occupent, spécialistes en la matière. Bien que la technique du tatouage soit répandue en Afrique, des régions entières s’en dispensent, tenant compte des considérations sociologiques ou culturelles. De manière générale, le tatouage est beaucoup plus souvent appliqué aux femmes qu'aux hommes. Démontrant le côté machiste de l’Afrique une fois de plus.

Mais le plus souvent, seuls des endroits précis du corps sont concernés ; hormis les gencives, ce sont à peu près les mêmes que ceux qui servent de support aux techniques picturales, avec une insistance particulière sur les lèvres dans le cas des populations noires.

En Afrique si les tatouages ont connu dans le passé des formes plus sacrées, de plus en plus, il perd de sa sacralité, devenant, quant à leur signification, plus banal au fil du temps. En Afrique, d’autres rites jugés païens consistent à procéder à la scarification, des cicatrices volontairement faites sur le corps ou sur le visage.

Par contre en occident, selon notre tatoueuse, le tatouage est un mode de décoration qui a un caractère personnel, mais qui peut aussi marquer une appartenance à un groupe ou à une communauté. Pour le but unique d’embellir son corps. De plus en plus demandé, le tatouage en Europe intéresse différentes classes d’âge et c'est un métier gratifiant. Les prix diffèrent selon le tatouage; ils débutent à quatre-vingt euros et progressent selon que le tatouage demande plus de travail.

Bien que des adaptions soient faciles avec les professionnels du métier, des ratés peuvent être constatés, comme c’est le cas en Afrique. Face à de telles situations, des rattrapages ne sont pas toujours possibles. Chose tout de même rare selon notre interlocutrice.

"Avant de tatouer un client, il y a des préalables, surtout si c’est un jeune adolescent. C’est pourquoi il est conseillé de se faire accompagner de parent. Cela pour le but de faire comprendre au client les méfaits que pourrait avoir un tatouage selon l’endroit du corps où le client souhaite qu’il soit apposé…"

Comme partout ailleurs, les débuts du tatouage en France ne furent pas chose aisée. Le tatouage, marque stéréotypée, a pris sa revanche sur le temps et tout le monde s’y met. Il n’y a pas de classes d’âges précis. Quand bien même les jeunes en raffolent plus. Surtout les jeunes filles ,dont le buste est la partie la plus indiquée pour se faire tatouer. "Les tatouages au bas du dos sont plus sexy et plus glamour", poursuit notre interlocutrice.

Les marques tribales sont les tatouages les plus usités. Des extravagances sont tout de même relevées, comme se faire tatouer la tour Eiffel ou la fleur de lys, pour les touristes, comme une marque de leur passage en France.

Quant aux hommes, les tatouages plus classiques sont ceux qui sont faits sur les biceps, les omoplates ou les mollets, encore une différence fondamentale avec l’Afrique où les hommes sont plutôt les tatoueurs, considérant cette esthétique plus réservée aux femmes.

"Le tatouage peut-être stigmatisant, nous avons un rôle de dissuasion quant aux effets négatifs que cela peut apporter surtout quand il s’agit des jeunes qui ont l’insouciance de l’adolescence…".

L'Occident redécouvre les ornements corporels temporaires, dont il ignore le sens originel pour n'en retenir que l'élégance et la séduction. Bien que cette réalité soit à but lucratif, notre tatoueuse professionnel nous indique que pour "rien au monde, elle ne pourrait tatouer un client d’une croix gammée". Comme quoi, dans tout métier, il y a des limites, même quand on parle de plusieurs centaines d’euros.

Pour ce qui est de l’origine du tatouage, diverses sources déclarent l’Afrique comme le berceau de cet art mais, ne me demandez pas qui en est le créateur, je ne saurais vous répondre.

Car, comme le note H. Tenenhaus dans son livre "Le tatouage à l'adolescence" : "Ne nous laissons pas perdre dans la confusion des temps : le tatouage n'est ni sauvage, ni barbare, ni civilisé. Le tatouage est hors du temps"…

 

 

ARCHIVES

Des mots, des sons, des dessins, un trace écrite ou audio du travail des résidents, comme une marque de leur passage à la Maison...

Revisitez l'intégrale des travaux de la Maison...

... en vous laissant guider par vos sens...

Archives Actu

Archives Lire

Archives Voir

Archives Ecouter

Archives Dossier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Information légales . ©  Radio France Multimédia 2004