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France : l’Unicef plaide la cause des mineurs étrangers isolés

Par Hacène Ouffar

Et si l’on conférait aux mineurs étrangers isolés un statut juridique particulier ? C’est ce que préconise l’Unicef à travers un appel lancé ce jeudi 3 juillet 2008 en direction des autorités françaises, qui viennent tout juste d’accéder à la présidence européenne.

Preuves à l’appui, cet organisme de défense des droits de l’enfant fait état d’une situation peu connue du grand public et souvent éludée par les instances officielles. Pourtant, même si les statistiques demeurent imprécises, "chaque année, des centaines d’enfants arrivent à nos frontières dans un état de vulnérabilité extrême" insiste-t-on lors du lancement solennel de cette initiative au siège de l’Unicef à Paris.

Chassés d’Afrique, d’Asie mais aussi d’Europe par la misère ou l’insécurité, plusieurs de ceux qu’on nomme les MEI (mineurs étrangers isolés) finissent leurs parcours en errant dans divers départements de la métropole ou d’outre mer. Là où les guettent moult périls comme l’exploitation sexuelle, l’esclavage moderne, la délinquance organisée, la drogue etc.

Le schéma est simple : quand ils ne sont pas sujets à des mesures de refoulement vers leurs pays d’origine ou de transit, ils sont placés en zone d’attente puis systématiquement relâchés en pleine nature et grossissent ainsi le nombre de personnes en situation irrégulière.

Un sort jugé "indigne et inacceptable" par l’Unicef et par un grand nombre de responsables associatifs, de praticiens, d’experts et de magistrats signataires de l’appel qui, d’une seule voix, refusent l’amalgame fait entre la législation relative à la protection de l’enfance et celle sur le séjour et l’entrée des étrangers dans l’espace européen. Aux yeux des défenseurs de cette frange d’immigrants pas comme les autres, "la précarité de leur situation de mineurs isolés doit primer sur leur condition d’étranger". Et pour cause, il en va du respect de la Convention des droits de l’enfant (CIDE) que la France a ratifié en 1990.

Aujourd’hui, la France est aux commandes de l’Union européenne. Elle disposerait "d’une occasion unique pour faire bouger les lignes sur cette question", selon l’Unicef, qui l’interpelle pour instaurer un statut juridique spécifique, à même de garantir une véritable politique de protection.

 

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