La lutte d’un jeune journaliste pour la liberté d’expression (Unesco, 6 Juillet 2017)

Pour la version PDF du portrait de Mortaza Behboudi, journaliste ancien résident de la MDJ (article publié par le Service Presse de l’Unesco le 6 Juillet 2017), cliquez ici

« Il est impossible pour les gens de réellement comprendre ce qui se déroule dans des endroits comme la Syrie, l’Irak et l’Afghanistan sans des voix locales et des reporters locaux », dit Mortaza Behboudi, un jeune journaliste et réfugié ; originaire d’Afghanistan.

Mortaza Behboudi © UNESCO / C. Alix

« Ma famille a quitté l’Afghanistan à cause de la guerre quand j’avais seulement deux ans et nous avons vécu en Iran comme réfugiés. La vie de réfugié est dure. Nous gagnons moins d’argent que les Iraniens et le coût de l’éducation, de même que celui d’une carte d’identité qui doit être renouvelée tous les 6 mois, est prohibitif. J’ai commencé à travailler quand j’avais seulement 9 ans et mon père, un poète, doit travailler dans la construction pour joindre les deux bouts. »

Déterminé à suivre des études universitaires, Mortaza a fui l’Iran à tout juste 17 ans et est retourné à Kaboul, seul, pour s’inscrire à une licence en sciences politiques. Là, il s’intéresse à la photographie et commence à travailler comme photojournaliste pour un magazine hebdomadaire local, étendant rapidement ses activités à d’autres organes de presse.

« De nombreux journalistes ont été tués en Afghanistan, » dit-il. « La guerre infligée par les Talibans est la source principale de violence dans le pays et, depuis 2015, les Talibans et l’Etat Islamique ont créé des « trous noirs » en ce qui concerne l’information dans tout le pays. Il était clair que je devais partir. »

« A mon arrivée à Paris, je ne connaissais personne et je n’avais rien. J’ai dormi dans la rue pendant 2 semaines avant d’entendre parler de La Maison des Journalistes par l’UNHCR, qui fournit un soutien et un lieu sûr aux journalistes qui ont dû fuir leur pays d’origine à cause de leur travail. »

Depuis son arrivée à Paris, Mortaza s’est inscrit à un Master en Relations Internationales à la Sorbonne et continue d’exercer en tant que journaliste, couvrant principalement les questions liées aux réfugiés, mais aussi la culture, le sport, ainsi que la politique en France. En 2015, il a été invité à participer à la COP21 par la CCNUCC (UNFCCC) en tant que photojournaliste et il a également assisté à la COP22 à Marrakech pour couvrir la question des personnes déplacées du fait du changement climatique.

« Ecouter les histoires des gens, en particulier celles des réfugiés, est la seule manière de comprendre ce qui se passe dans le monde et l’impact que ces problèmes ont sur les vies des gens. Pour les Talibans, être un journaliste, protester, aller à l’université, est un crime. Mais je suis fier d’être Afghan et je continuerai à me battre pour la liberté d’expression et pour que des histoires comme la mienne soient entendues. »

 

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