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Dans son roman "Aïcha, la bien-aimée du prophète", Geneviève Chauvel revient sur les premières années de l’Islam…
Par Youcef Zirem
C’est un roman volumineux et captivant qu'a publié à Paris, aux éditions Télémaque, Geneviève Chauvel. "Aïcha, la bien-aimée du prophète" revient sur cette figure majeure de l’Islam des premiers temps.
Le roman commence par la naissance de cette belle rouquine dans le foyer de Abu Bakr Essediq, un proche compagnon du prophète. La naissance de cet enfant est difficile ; la mère échappe de peu à la mort. Ancienne journaliste ayant parcouru les quatre coins du monde, Geneviève Chauvel a vécu un moment en Algérie. Son premier livre, "le Bal des vautours" est paru, il y a plus de trente ans, en 1977, aux éditions les Presses de la cité. Elle est également l’auteure, entre autres, de "Saladin" (éditions Pygmalion, 1991), traduit en allemand et en arabe et qui a reçu, au Liban, le prix Emir Fakhreddine.
Dans "Aïcha, la bien-aimée du prophète", Geneviève Chauvel romance une époque lointaine, souvent méconnue. Un tel travail est assez rare dans les pays musulmans, où il est difficile de prendre des libertés grâce à la fiction, avec la réalité historique où le sacré conserve toujours son poids. Geneviève Chauvel suit le parcours de Aïcha depuis son enfance jusqu’à la bataille du Chameau. "Aïcha est certainement plus qu’un roman, car il expose en pleine lumière la place de la femme en Islam, telle que le Prophète lui-même l’a définie avec ses droits, ses devoirs, ses libertés. Une authentique révolution pour les tribus arabes de ces temps", écrit, dans sa préface, Djelloul Seddiki, directeur de l’Institut de théologie de la Grande mosquée de Paris.
Sous la plume heureuse de Geneviève Chauvel, le destin de "la mère des croyants" est décrit de manière accessible et limpide ; la dimension humaine des personnages prend le dessus et restitue ainsi la grandeur du prophète et de ses compagnons. Le lecteur occidental comprend un peu mieux, grâce à cette œuvre, la portée philosophique d’une religion que l’actualité brûlante et violente de notre époque dénature dans bien des cas. Comme Aïcha, Geneviève Chauvel veut "semer des graines dans les cœurs et les mémoires" des lecteurs. C’est un pari adroitement réussi, avec talent et lucidité.

"Aicha, la bien-aimée du prophète"
de Geneviève Chauvel
éditions Télémaque
Paris
octobre 2007
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