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Le cœur de Maha
Amsterdam, capitale mondiale du livre
Par Maha Hassan
Je suis devant la télé néerlandaise, j’attends le journal de 18h. Je ne comprends pas le néerlandais, mais je regarde les infos de l’ouverture de la fête, Amsterdam capitale mondiale du livre 2008.
Maha Hassan… je n’ai compris que mon nom et prénom. Je ne sais pas ce qu’a dit la présentatrice. Mais c’est moi. Mes deux livres, dont je parle avec mon mauvais français.
Dans "mon pays", la Syrie, Damas était désignée comme la capitale de la culture arabe pour 2008. Mais les meilleurs écrivains syriens sont divisés entre l’exil et la prison. On a beaucoup parlé de ce paradoxe. Comment célébrez-vous la culture, alors que les intellectuels sont prisonniers ou exilés ? Le ministre de la culture a dit qu’il était prêt à publier les poèmes des écrivains emprisonnés.
Dans "mon pays", où la politique se mêle de tout, où il n’y a aucune liberté d’expression, je n’arrivais plus à publier mes romans… J’ai choisi l’exil, parce que je cherche la liberté, je ne veux pas rejoindre les écrivains dans les prisons.
Je passe à la télé néerlandaise, dans la ville qui fête son statut de capitale du livre, alors que la Syrie fait la fête aussi, à sa façon, mais en l’absence de ses meilleurs écrivains, des écrivains qui adorent la liberté.
Félicitation Amsterdam ! Merci Amsterdam de me donner ce statut, je suis un écrivain libre. Je ne regrette jamais d’avoir choisi cet exil, l’exil libre, l’exil qui m’a libéré de ma peur quasi permanente, pour que je me batte de plus en plus, pour la liberté de "mon pays", pour la liberté d’écrire, la liberté de publier, la liberté de parler, la liberté d’exprimer… la liberté de vivre.
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