La Maison des journalistes
 
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Qu'est-ce qu'être journaliste irakien ?


Par Julie Sabbia et Alix Chapuis

"Soyons réalistes, bien que le métier de journaliste soit noble, cela reste un métier... on travaille pour vivre", déclare Moundir Madfai, journaliste irakien exilé en France depuis Septembre 2006. Mais travailler pour vivre, en Irak, peut signifier, mourir à cause de son travail.

La guerre commence en mars 2003...Depuis des dizaines d'années les journaux du pays sont suspendus par Saddam Hussein : la liberté de la presse est inexistante. La chute du régime dictatorial marque un tournant pour les médias irakiens. Les journalistes ont enfin la possibilité de s'exprimer librement : sur les Américains, sur la situation politique du pays...
Même si la situation des journalistes semble alors s'améliorer, la rapide émergence de groupes extrémistes fait reculer d'un pas la progression de la liberté d'expression en Irak. Accusés d'espionnage ou de terrorisme lorsqu'ils collaborent avec des médias étrangers, ils reçoivent des menaces de mort de la part de ces groupes.

C'est d'ailleurs à une mort certaine que Moundir Madfai a échappé. Après l'assassinat d'un proche confrère, il reçoit, en juillet, des menaces : il est alors contraint de se cacher, chez son frère puis chez un ami médecin, pour enfin réussir à obtenir un titre de séjour et sortir du pays. Mais, depuis le début de la guerre en Irak, plus d'une centaine de journalistes n'ont pas eu cette chance et ont donné leur vie pour leurs articles, leurs reportages ou leurs photos.

"Seriez vous prêt à donner votre vie pour un article ?"... Moundir Madfai répond simplement qu'il ne se pose pas la question ; aucun rédacteur en chef en Irak ne prendrait le risque de publier un article qui mettrait en jeu la vie de dizaines de journalistes ou d'un siège de journal. Cependant, si les journalistes sont très peu protégés, si l'exercice de leur métier est entravé (il leur est interdit, par exemple, de filmer des festivités religieuses, l'armée ou la police, des membres du Parlement...), leur situation s'est, selon Moundir Madfai, améliorée.

Pourtant, en ces temps de guerre civile, la presse est censurée par la peur.




 

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