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Table ronde et gâteaux !
Par Rihana
Lundi matin, 08 h 00, un grand nombre de jeunes lycéens, debout, près de la porte du CDI, attendent qu’on leur ouvre la porte. Il y a là deux, voire trois classes. La cloche sonne. Le stress monte. Les uns se demandent comment cette rencontre va se dérouler tandis que d’autres répètent une dernière fois leur "exposé" et certains imaginent même la forme et le goût des délices auxquels ils auront droit plus tard dans la matinée.
La porte s’ouvre. Les voilà installés, discutant une dernière fois avant qu’un professeur ne se décide à interrompre le brouhaha pour présenter l’invité de la matinée : un journaliste irakien réfugié à Paris à la Maison des Journalistes. Puis le professeur annonce le programme de la matinée : tout d’abord une petite introduction à la littérature arabe puis irakienne avec l’exposé de quelques élèves et la lecture et la traduction de poèmes arabes. Puis projection d’un film du "Dessous des cartes" sur la région irakienne pour un peu d’histoire et de géographie. Et de là, après l’intervention de l’invité, un long débat sur plusieurs questions qui se posent alors et qui traitent du sujet de l’Irak en général. Ce qui se termine avec la pause et l’arrivée des journalistes (TV et radio) français.
Puis passage à la deuxième partie du programme, avec un rappel du vécu du journaliste. Pourquoi avoir fui votre pays ? Qui vous menaçait ? Pourquoi avoir choisi Paris comme exil ? Comment vivez-vous votre exil ? Comptez vous retourner en Irak ? Que comptez vous faire de votre vie (future) ? … Tant de questions que suscite ce témoignage à la fois touchant et intéressant. Mais cette discussion ne s’arrête pas là. On y traite aussi du sujet de l’Irak actuel et des problèmes qu’endure ce pays déchiré entre les nombreuses revendications ethniques. Les Kurdes, les chiites et les sunnites ne sont pas les seuls à revendiquer le pouvoir ou l " indépendance" pour certains, mais il se trouve aussi des royalistes, des monarchistes et même des "saddamistes". On y apprend que le problème, en Irak actuel, n’est plus entre la résistance irakienne et les forces des Etats- Unis, mais bien entre les différents composants ethniques de l’Irak. L’Irak n’est plus donc en simple guerre avec les Etats-Unis, mais bien en guerre civile qui déchire ce pays de l’intérieur même de celui-ci.
On y apprend aussi les dangers du métier de journaliste et l’intérêt et l’importance de ce dernier. Intérêt et importance car sans les journalistes, les téléspectateurs de l’autre bout du monde n’auraient jamais su ce qui se passe en Irak et la vie quotidienne des irakiens. Et dangereux car ce métier met en danger la vie de plusieurs journalistes, qui malgré tout acceptent de témoigner et de diffuser ce qu’ils voient réellement sur le terrain, et ce dans un pays en guerre, qui, comme tout autre pays, dans de telles conditions, ne respecte plus les libertés et les droits individuels et impose ses limites. Et dans cette salle, nous avions eu deux" types" de journalistes qui montrent bien la diversité de ce métier. Avec d’un côté le journaliste réfugié qui fuit son pays suite à une menace de mort, et de l’autre côté des journalistes qui filment et enregistrent la rencontre sans le moindre souci de censure. Mais en plus de cela, ces derniers amènent avec eux leurs stagiaires, deux jeunes collégiens de troisième. Ce qui accentue cette diversité au sein d’un même métier.
Et pour clore cette séance, on récite encore une fois des poèmes arabes. Mais cette fois, c’est l’auteur lui-même qui lit son poème : l’invité. Les élèves se contentent de lire la traduction. Puis l’on sort de la salle après des interviews de quelques élèves : deux terminales et deux premières.
Suite à tout cela, " une table ronde" avec le journaliste et quelques élèves qui en profitent pour poser des questions plus directement au journaliste, voire personnelles. Qui y répond sans aucun problème tant il était impressionné par "l’intelligence des élèves" et le niveau de leurs questions. Certaines même ont été posées en arabe, ce qui a permis aux élèves arabophones d’entendre de l’Irakien et au journaliste de se sentir comme chez lui. Et ce autour d’un bon verre de jus d’orange et une assiette de gâteaux…
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