 |
Ca tourne à Louis Armand
Une rencontre Franco-Sri Lankaise
Par les élèves de la 2nde 5 du lycée Louis Armand (Chambéry)
Mercredi 6 décembre 2006, Sumith Diaz s’est déplacé à Chambéry au lycée Louis Armand et, devant la classe de seconde 5 de la section Cinéma-Audiovisuel, a fait part de sa vie de journaliste sri-lankais et des dangers qu’il a encourus pour pouvoir exercer son métier.
Les libertés de la presse sont effectivement restreintes au Sri Lanka et plusieurs de ses réalisations (documentaires d’investigation, feuilletons humoristiques, émissions télévisées ou encore articles de magazines ) s’attaquaient de trop près au régime de l’île. Le prix à payer ne fut pas moindre : deux de ses collègues furent assassinés et lui-même subit une agression. Pour sauver sa vie, il quitte son pays fin juin 2005 et se réfugie en France. Il est actuellement hébergé par la Maison des Journalistes, à Paris, créée pour ces réfugiés qui ne peuvent pas exercer leur métier dans leur pays sous peine de mort. Etant donné qu’il pourrait du jour au lendemain être rapatrié, il ne peut donc pas s’investir dans ses projets et continuer d’exercer son métier en toute tranquillité.

Photo Léa Clapier
Cette rencontre nous a permis ,intéressés que nous sommes par les domaines de la télévision et du cinéma, de découvrir et de comprendre certains aspects de ces métiers qui ne sont pas si simples à pratiquer dans certains pays. Sumith Diaz a expliqué dans les détails, parmi différents propos, les conditions de tournage au Sri Lanka.
"Lorsque j’ai commencé, en 1985, j’étais assistant de production à L’I.T.A. (un des premiers réseaux indépendants de la télévision) et nous n’étions que six personnes à y travailler. Le matériel n’était pas très moderne : en guise de trépied, nous utilisions des noix de coco et pour les rails, de simples barres de fer. Aujourd’hui la technologie s’est améliorée, mais pas la politique".
Lorsqu’il réalisait des documentaires, il ne pouvait diffuser que les informations des politiciens qui, d’après lui, étaient fausses. Il a alors tenté de dévoiler l’implication des politiciens dans le trafic de drogue ou encore le détournement des dons.

Photo Annabelle Allessandroni
Il y a plus de quinze ans, Sumith Diaz a commencé la réalisation d’un soap-opéra (feuilletons de vingt minutes par épisode), formant la série semestrielle "Coffee Shop" dont le millième épisode est sorti l’année dernière. Selon les contraintes de réalisation, ils devaient être écrits en une heure et tournés sur seulement deux jours. Un de ces épisodes a été projeté lors de la rencontre. La semaine dernière, Sumith Diaz a reçu un prix pour la série en tant que deuxième réalisateur ayant dépassé les 300 épisodes.
Cette opération Renvoyé Spécial, mise en place dans l'établissement par Mme Bombled, professeur de Français, M. Maréchal, professeur d’Histoire-Géographie et M. Deheuvels, professeur de Cinéma Audiovisuel, nous a offert l' occasion de nous immerger lors d’une matinée dans ce monde médiatique. Nous avons eu également l’opportunité de réaliser un reportage vidéo et une exposition-photo à la suite de cette entrevue. Une expérience rare et enrichissante...
|
 |
|