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Le mercredi 13 juin, la journaliste soudanaise Mai OSMAN est allée à la rencontre des élèves du lycée la Tournelle de la Garenne-Colombes. Cet événement a été organisé dans le cadre de l’opération Renvoyé Spécial, en partenariat avec le Clemi et Presstalis. Il a également bénéficié du soutien de la région Ile-de-France.

La journaliste Mai Osman a été chaleureusement accueillie par l’équipe pédagogique à son arrivée au lycée La Tournelle, situé dans l’académie de Versailles. Dans le cadre de l’opération Renvoyé spécial, elle a échangé pendant deux heures avec les élèves de l’établissement sur la situation de son pays d’origine et son parcours.

Originaire du Soudan, Mai Osman a travaillé pour plusieurs médias de presse écrite et de télévision. À travers ses reportages, elle a enquêté sur le travail des enfants en zones de guerre. En situation de forte précarité, nombreux sont ceux  qui risquent leur santé et leur vie en travaillant pour des industries du pays à un âge où ils devraient aller à l’école. Une réalité que la journaliste a souhaité dénoncer et qui lui a attiré les foudres du gouvernement. N’étant plus en sécurité dans son pays, elle a été contrainte de s’exiler.

Lors de cette rencontre, le parcours de la journaliste est ainsi devenu le fil conducteur d’une discussion sur l’histoire, la politique, la situation des droits de l’homme et bien sûr celle de la liberté de la presse au Soudan.  Un témoignage poignant, qui comme le montre les réactions des élèves à l’issue de cette rencontre, permet de mieux comprendre la censure dans ce pays et l’importance du droit à l’éducation:

« J’ai compris à travers le témoignage de la journaliste, l’importance et la signification du mot liberté. »

« Cette rencontre m’a ouvert l’esprit et m’a permis de découvrir ce qui peut se passer dans d’autres pays du monde ».

« L’histoire de la journaliste m’a frappé et touché. Elle raconte une réalité alarmante ».

La découverte des trésors du patrimoine de la capitale se poursuit. La MDJ s’est rendue sur l’île de la Cité pour visiter la cathédrale Notre-Dame et gravir les 422 marches jusqu’au sommet de ses tours.

La MDJ arrivée au sommet des Tours de Notre Dame © Margot FELLMANN

Le mercredi 22 novembre, une délégation de journalistes exilés originaires d’Algérie, de Turquie et de Syrie, accompagnée de la responsable du Service Culture de la MDJ, Lisa Viola ROSSI et de la volontaire en Service Civique au sein du Pole Communication, Margot FELLMANN, s’est rendue à la cathédrale Notre-Dame. La visite a commencé par l’ascension des tours de l’édifice qui a récemment fêté ses 850 ans. Au bout des 422 marches, le groupe a pu admirer la vue imprenable, un moment privilégié sous le soleil lui aussi au rendez-vous. Ils ont également pu admirer les légendaires cloches de Notre Dame ainsi que les gargouilles et les chimères qui ornent l’église. Redescendus sur la terre ferme, la visite s’est poursuivie à l’intérieur de la cathédrale. Là encore le soleil a permis d’apprécier tout particulièrement les vitraux.

Pour plus d’information sur les activités du Service Culture de la MDJ, consultez lAGENDA CULTUREL 2017 ou contactez-nous par mail : evenement@maisondesjournalistes.org

Pour télécharger la version PDF de l’article de Roxanne d’Arco publié par Respect Mag le 3 Mai 2017, cliquez ici A l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, Respect mag a rencontré Darline Cothière, directrice de la maison des journalistes depuis 2011, à Paris. Au menu : missions de cette maison unique au monde, le journalisme dans le monde et les failles en France. Bonjour Darline Cothière ! Pourriez-vous nous expliquer un peu ce qu’est la maison des journalistes ? C’est une structure associative qui accueille et accompagne des journalistes exilés politiques, donc des demandeurs d’asile ou réfugiés, qui viennent de différents pays. Ce sont des personnes qui ont été menacées dans la pratique de leur profession dans leur pays, parce qu’elles avaient traitées de sujets sensibles, que leur travail n’avait pas plu au régime en place. Sur la base de leurs publications et de leurs engagements, certains ont fait de la prison, ont été pourchassés, d’autres torturés. Pour eux, l’exil est un dernier recours. La maison des journalistes est comme une piste d’atterrissage pour ces journalistes qui arrivent en France. Ce sont souvent des personnes qui n’avaient pas planifié leur départ de leur pays. Des fois, ils prennent la décision de sortir du pays dans la journée. Par contre, on n’intervient pas dans les pays d’origine mais d’autres organisations le font, comme Reporters sans frontières, Freedom House ou le comité de protection des journalistes. Concrètement quelles sont vos actions ? Nous avons un volet social. Les personnes doivent avoir un toit, de l’aide pour les démarches administratives. Il faut qu’elles continuent aussi, autant qu’elles peuvent, à exercer leur métier. C’est pour ça que nous avons un journal en ligne, qui s’appelle l’Oeil de l’exilé. Vu qu’il y a la barrière de la langue, on travaille avec des traducteurs pour le journal, qui a été reconnu par le ministère de la Culture comme un vrai média en ligne. Les articles passent donc par un comité de rédaction et sont publiés par la maison des journalistes. On a aussi une blogosphère, ceux qui le souhaitent peuvent publier aussi directement sur le blog dans leur langue maternelle. C’est aussi des activités pédagogiques. Nous allons partout dans les salles de classe, dans les lycées en France où nous faisons des ateliers de sensibilisation au respect de liberté de la presse et de l’expression. Ça commence par un témoignage sur le parcours d’exil… Comment fonctionne la presse dans mon pays, pourquoi je suis partie… C’est tout un travail qui manque généralement dans l’éducation aux médias en France. Ce n’est pas seulement comment on fait un journal, écrire un article … Il manque souvent la dimension humaine, surtout dans un contexte où énormément d’informations circulent, notamment les fake news, via les réseaux sociaux. Et c’est d’autant plus important d’avoir ce témoignage. Notamment lorsque leurs jeunes voient des reportages sur le Yémen ou la Syrie. Pourquoi ce travail envers le jeune public ? Depuis les attentats de Charlie Hebdo, mais pas seulement, nous avons décidé de multiplier ce travail mais aussi diversifier les publics, notamment auprès de jeunes placés sous protection judiciaire. Notre public privilégié est vraiment les jeunes. On a une quarantaine de rencontres tous les ans. Ce n’est pas uniquement un témoignage, il y a vraiment l’aspect pédagogique qui est travaillé en amont avec les enseignements. Les enseignants nous expliquent souvent qu’ils sont assez déconcertés lorsqu’ils abordent certains sujets avec les élèves, quand arrivent les questions « Je suis Charlie », les adeptes des théories du complot… On essaie d’apporter un autre « savoir-faire ». Par exemple, on a accueilli des journalistes qui ont été pourchassés par Daech ou deux camps à la fois, par exemple. Les jeunes ont une idée de ce que c’est, mais le fait que la personne puisse en témoigner, c’est justement pour dire que les valeurs fondamentales importent et pas seulement la politique ou autre. On arrive à éveiller nos consciences. Quelle est votre regard sur la question de la liberté de la presse en France, sachant qu’elle est à la 45ème position dans le classement annuel de Reporters sans frontières ? C’est vrai que la France n’est pas dans une position idéale sur la presse. Il faut rester vigilant. Ce n’est pas parce qu’on vit dans un pays démocratique que ces valeurs sont acquises. Quand on demande à des journalistes de révéler leurs sources, c’est une atteinte à la liberté de la presse. Il y a d’autres formes de pression… Mais au moins, il y a des institutions et des recours qui existent, pour éviter cette dPlaque à la maison des journalistes, à Paris, en hommage à la journaliste russe Anna Politkovskaya. Crédit photo : Roxanne D’Arco Plaque à la maison des journalistes, à Paris, en hommage à la journaliste russe Anna Politkovskaya. Crédit photo : Roxanne D’Arco érive. Comment se place la maison des journalistes dans le monde ? On est une structure unique au monde jusqu’ici. Elle représente la situation de la presse dans le monde. Plein de nationalités sont représentées, et ils arrivent en fonction de l’actualité. Avec la crise syrienne, on a eu évidemment beaucoup de Syriens. Nous avons reçu des Afghans, des Soudanais, des Burundais, des Rwandais, des Centre-Africains, des Yéménites… Pour certains pays, les journalistes n’arrivent pas à sortir aussi. Par exemple, nous n’avons quasiment pas eu de Chinois ici, et on connait la situation dans ce pays « démocratique ». C’est révélateur de l’état du monde. Quel est votre sentiment par rapport à la liberté de la presse dans le monde ? J’ai l’impression que ça se dégrade un peu. Il faut voir ce qui se fait dans d’autres grands pays. Quand un président américain, pour ne pas le nommer, accuse constamment les journalistes de mentir, s’en prend à eux… C’est une forme de répression « douce » qui commence à s’installer dans ces pays à tradition démocratique. Même en France, lorsqu’on voit la façon dont des candidats à l’élection présidentielle, comme François Fillon ou Marine Le Pen (l’interview a été faite avant le premier tour, nldr), traitent les journalistes. On peut dire que c’est anecdotique, mais c’est quand même choquant. Les journalistes, partout, peuvent s’enfermer dans une forme d’autocensure. Il faut une vigilance, et la société civile doit aussi la défendre. L’indépendance de la presse est également compliquée, comme on l’a vu avec le journaliste qui a travaillé sur la Crédit Mutuel et la non-diffusion de son sujet sur Canal+. Pour aller plus loin, rendez-vous à la conférence « Journalistes : le quatrième pouvoir en danger ? », le mardi 23 mai 2017, de 19h15 à 20h45, à l’auditorium Crédit Coopératif (Nanterre). Pour plus d’informations, cliquez ici.

logo-rs-pjjEn partenariat avec le Ministère de la Justice et le Ministère de la Culture et de la Communication, Renvoyé Spécial PJJ s’adresse aux jeunes placés sous protection judiciaire pour  les aider à décrypter les sources d’informations, à mieux s’informer, ainsi qu’à les amener à s’ouvrir aux médias, à d’autres mondes, d’autres pays et bien à être conscientes de l’importance de la liberté de la presse et d’expression, ainsi que des valeurs du vivre ensemble.

Le 20 janvier 2016, la MDJ a officiellement lancé le projet « Renvoyé Spécial PJJ » en partenariat avec le Ministère de la Justice et le Ministère de la Culture et de la Communication (qui finance le projet).
Renvoyé Spécial PJJ consiste en une offre pédagogique proposant 3 options d’activité, éventuellement complémentaires :
1.      Visite aux locaux de la MDJ ainsi qu’à l’exposition itinérante « Dessins pour la paix » de Cartooning for Peace et rencontre avec un/deux journalistes de la MDJ
2.      Rencontre avec un journaliste de la MDJ organisée dans les structures de la PJJ
3.      Utilisation du kit pédagogique de Renvoyé Spécial PJJ (en ligne)

Le projet Renvoyé Spécial PJJ a pour but de mettre en place une collaboration entre la MDJ et les professionnels de la PJJ visant à aider les jeunes à décrypter les sources d’informations, à mieux s’informer, ainsi qu’à les amener à s’ouvrir aux médias, à d’autres mondes, d’autres pays et bien à être conscientes de l’importance de la liberté de la presse et d’expression, ainsi que des valeurs du vivre ensemble.

La rencontre avec un journaliste de la MDJ vise à ouvrir un dialogue et un échange avec les jeunes : les journalistes de la MDJ ne sont pas des conférenciers spécialisés, mais ils sont des professionnels de l’information exilés qui témoignent de leur expérience et de la situation de droits de l’homme dans leur pays d’origine.

Le kit pédagogique comprend des documents interactifs accessibles (il faut avoir un code d’accès, vous le trouverez dans le fichier « Mode d’emploi Kit ») à partir du site internet de la Maison des journalistes et des supports matériels (exposition, cartes de la situation de la presse, films documentaires etc). Tous ces outils permettront aux formateurs des structures de la PJJ d’ouvrir un dialogue constructif et objectif avec les jeunes sur des questions de société actuelles et sur la situation des journalistes dans le monde. Cela sera également un moment de partage ludique dont la finalité est l’éveil de la conscience citoyenne. Ce kit pédagogique est constitué par grands dossiers thématiques :
1. Le journalisme et la liberté d’expression
2. La vie en exil
3. La tolérance et la laïcité

Plusieurs expériences ont déjà eu lieu avec un certain succès :

  1. le 22 mars, lors de la Semaine de la Presse et des Médias dans l’Ecole, dans la maison d’arrêt de Mulhouse où M. Makaila Nguebla, blogueur tchadien, a rencontré des jeunes.
  2. le 26 et le 27 mai, la MDJ a installé son stand au « Challenge Michelet » à La Rochelle, afin d’échanger directement avec des professionnels et des jeunes de la PJJ qui ont pu en savoir plus sur le projet et tester le kit pédagogique.
  3. le 19 et le 20 octobre, la MDJ a accueilli deux groupes de jeunes et de professionnels de la PJJ du Val d’Oise et Combs-la-Ville. Ci-dessous la revue de presse :

Mercredi 19 octobre :
http://www.loeildelexile.org/renvoye-special-pjj-romaric-kenzo-chembo/
https://blogs.mediapart.fr/maison-des-journalistes/blog/021116/renvoye-special-pjj-romaric-kenzo-chembo-narretez-jamais-de-croire-en-vous

Jeudi 20 octobre :
http://www.loeildelexile.org/renvoye-special-pjj-parler-cest-offrir-une-possibilite-de-changement/
https://blogs.mediapart.fr/maison-des-journalistes/blog/091116/renvoye-special-pjj-parler-c-est-offrir-une-possibilite-de-changement

Mardi 13 décembre :

Rencontre à l’EPM PJJ de Mantes La Jolie avec Hicham MANSOURI et Elyse NGABIRE

Lundi 19 décembre :
http://www.maisondesjournalistes.org/renvoye-special-pjj-marie-angelique-ingabire-en-france-jai-redecouvert-le-droit-a-la-parole/

 

Le projet est actuellement en phase de test sur l’île de France. Dans le cadre de cette expérimentation, la MDJ a organisé deux rencontres de presentation de l’opération (le 22 juin et le 5 juillet), où des éducateurs, des référents laïcité et des professionnels de la PJJ des structures participants ont pu visiter les locaux de la MDJ et ont pu suivre une formation aux outils mis à disposition dans le cadre de ce projet, notamment le kit. Nous envisageons d’organiser des visites/rencontres avant la fin de l’année 2016.

Jeudi 24 novembre a été une journée de presentation du projet adressée à tous les professionnels de la PJJ à niveau national. Pour télécharger le pré-programme, cliquez ici

Pour télécharger la plaquette de presentation, cliquez ici

Edition 2017

Le 26 et le 27 mai, la MDJ était à Dijon à l’occasion du « Challenge Michelet 2017 » pour informer des professionnels de la PJJ susceptibles de participer et échanger avec des jeunes placés sous protection judiciaire à propos des thématiques du projet.

Cette année, un appel à projets a été lancé par le Comité de Pilotage du projet Renvoyé Spécial PJJ. Les professionnels peuvent actuellement postuler via l’intranet du Ministère de la Justice.

Pour en savoir plus sur le projet, contactez-nous :

Lisa Viola ROSSI : 01 40 60 04 06 – projet.pjj@maisondesjournalistes.org

Réalisation : Christian Fienga, Christophe Maizou
Musique originale : Alexis Pécharman
Assistant réalisateur : Tom Fraisse
Moyens techniques : Tigre Production

 

Dans le cadre de sa mobilisation en faveur des étudiants réfugiés, l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a consacré une double page au portrait de Mortaza Behboudi, dans le numéro 18 de son magazine, de juin à septembre 2016.

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Portrait de Mortaza Behboudi dans le numéro 18 du magazine de l’université Panthéon-Sorbonne ( crédits photos : Panthéon Sorbonne magazine)

Le magazine revient sur le parcours de ce jeune homme, réfugié politique, journaliste afghan de la Maison des journalistes, qui, à l’âge de 22 ans à déjà mener de nombreux projets en Afghanistan, son pays natal, notamment en tant que stagiaire au Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, et en France, où il a trouvé refuge.

Aujourd’hui étudiant de Master 1 à l’université de Paris 1, Mortaza Behboudi a dû franchir de nombreuses barrières pour en arriver là, notamment la barrière de la langue.

Considérant le langage comme un pouvoir et une arme contre l’isolement, Mortaza Behboudi revient dans cet article sur son adaptation à la langue :  » Puis, très rapidement j’ai décidé d’apprendre le français pour communiquer, ce qui était loin d’être facile mais je n’ai cessé de me rappeler la citation de Nelson Mandela: si vous parlez à un homme dans une langue qu’il comprend, cela va dans sa tête. Si vous lui parlez dans sa langue, cela va dans son coeur… »

Ancien résident de la Maison des journalistes, Mortaza Behboudi indique qu’il continuera à  » se battre pour les histoires à raconter », preuve d’un engagement permanent en faveur de la liberté d’expression et la liberté de la presse.

Un portrait qui constitue une belle leçon d’humilité et d’ouverture aux autres et apporte un regard concerné sur la situation des jeunes réfugiés politiques en France.

Pour télécharger l’article, cliquez ici