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Rétrospective Richard Avedon au Jeu de Paume (Paris 8è)

Par Jérôme Corbin

Depuis le 1er juillet et jusqu’au 28 septembre prochain se déroule la première rétrospective de Richard Avedon (1923-2004), à la Salle du Jeu de Paume.

Photographe de génie, héraut du portrait, il a porté cet art à des sommets. Pour la première fois en France, une exposition retrace l’intégralité de sa carrière à travers 270 clichés. Personnes connus ou non, stars de cinéma comme ouvrier d’un gisement pétrolifère, hommes politiques et gamine de douze ans, tous sont traités de la même manière. Dans son œuvre, Richard Avedon ne met pas ou peu de décorums de fioritures. Il se concentre sur le corps, le visage de celui ou celle qu’il s’apprête à rendre éternel.

L’exposition se dévoile en plusieurs temps, rythmée par le tempo des visages. D’abord vient sa période française. En 1946, Avedon fait notoirement ses débuts à Paris. Au sein de la ville Lumière, il fait ses premiers pas dans la photo de mode. Il y rencontrera Dorian Leigh, considérée par beaucoup comme la première top model superstar. À l’époque, il travaille pour des revues de mode ; malgré le décor ou peut être grâce à lui, il redonne vie à ces femmes alors considérées comme de "vulgaires porte-manteaux".

La fin de la première partie est consacrée à "Andy Warhol & the factory", série de photos prises en 1969. Elle représente la quintessence de la révolution sexuelle telle que l’a vécue Richard Avedon. Le plus étonnant : cette grande fresque représentant l’ensemble de la factory, plus ou moins vêtue.

Plus à l’écart, et plus émouvant aussi, la présence de plusieurs clichés qu’il a pris de son père à intervalles réguliers, lors des dernières années de sa vie.

Le long de l’escalier qui mène à la seconde partie de l’exposition, les citations de l’auteur s’enchaînent. Une parmi tant d’autres : "Je suis devenu photographe par accident. C’est la photo qui m’a permis de rester en vie".

La seconde partie de la visite reprend entre autres deux œuvres majeures du photographe. Sur un grand mur blanc sont tout d’abord alignés les portraits de personnalités politiques américaines, un travail réalisé pour le compte du magazine Rolling Stones en 1976, année du bicentenaire de la déclaration d’Indépendance américaine.

"The American West" est le second gros morceau. Entre 1979 et 1984, l’artiste révèle l’Amérique profonde ou plutôt les américains tels qu’ils sont. Comme à son habitude, désormais, pas de décors, juste un drap blanc tiré sur le flanc d’une camionnette. Par ce vide, Richard Avedon permet à ces sujets d’illuminer la photo. Le cru et le réalisme avaient alors choqué l’Amérique bien pensante.

Une rétrospective qui se sera fait attendre ! Mais elle est là ! Enfin ! Alors ne boudons pas notre plaisir. À voir et à revoir. Encore et encore.

"Richard Avedon, Photographies 1946-2004"
Salle du Jeu de Paume
1, place de la Concorde, Paris 8ème
Tous les jours de 12h à 19h
samedi et dimanche à partir de 10h
mardi jusqu’à 21h30
du 1er juillet au 28 septembre.
entrée : 7 euros

 

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