À l’Hôtel de Ville, Paris célèbre ses nouveaux citoyens : la promotion 2025-2026 de la MDJ
Comme chaque année, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, la Maison des journalistes (MDJ), en partenariat avec la Ville de Paris, a organisé sa cérémonie d’accueil de la nouvelle promotion. Cette année, c’est le 5 mai 2026 que douze journalistes exilés, venus des quatre coins du monde, ont été honorés dans les prestigieux salons de l’hôtel de ville. Un moment unique rassemblant le Maire de Paris, Emmanuel Grégoire, ses deux adjointes, Audrey Pulvar et Annah Bikouloulou, les journalistes de la MDJ, ainsi que Delphine Minoui, journaliste et écrivaine.
Une cérémonie d’accueil sous le signe de la liberté de la presse
La cérémonie s’est ouverte par le mot d’accueil d’Emmanuel Grégoire qui a rendu hommage aux journalistes contraints à l’exil, dans un contexte mondial marqué par la montée de la désinformation et le coût toujours plus élevé de la liberté d’informer. La situation des journalistes est critique. […] Quand ils ne sont pas tués, ils sont emprisonnés sur la base d’accusations fallacieuses. À Paris, ils sont les bienvenus. Protéger chaque journaliste, c’est protéger le droit des citoyens à l’information, a déclaré le maire de Paris, saluant le courage de celles et ceux pour qui informer est devenu un acte de résistance.
Le président de la MDJ, Albéric de Gouville, a ensuite pris la parole pour rappeler le rôle fondamental de l’association qui, dans un monde où la notion de vérité est en perpétuel mouvement […], veut rester fidèle à sa mission et à ses valeurs.
Depuis maintenant vingt-quatre ans, la Maison des journalistes accueille et accompagne des journalistes ayant fui des pays où la liberté de la presse est bafouée. Tous ont dû quitter leur pays, laissant derrière eux leur famille, leur quotidien, et parfois toute une vie, sans possibilité de retour.
La MDJ, un refuge pour continuer d’écrire et d’informer
En 2025, la MDJ a accompagné 38 journalistes exilés, a souligné sa directrice, Darline Cothière. Venus d’Afghanistan, de Syrie, d’Iran, de Russie et de nombreux autres pays, ces 21 hommes et 17 femmes ont payé le prix fort pour leur engagement en faveur du droit à l’information. Ce ne sont pas des statistiques. Ce sont des visages. Des histoires. Des vies bouleversées, a-t-elle insisté.
La Maison des journalistes n’est pas seulement un toit, c’est aussi un lieu de refuge, une communauté, un espace où l’on est protégé et entendu. Un lieu où l’exil n’est pas synonyme de silence. Delphine Minoui, marraine de la promo 2025/2026 de la MDJ, leur a adressé ces mots : Aujourd’hui, vous êtes la voix de ceux qui ne l’ont plus […]. Votre voix a désormais une maison au cœur de Paris. Un espace à vous pour retrouver le goût de l’écriture sans censure.
Une cérémonie portée par l’émotion, la mémoire et la solidarité
C’est dans cette atmosphère riche en émotions que le temps des discours s’est conclu, avec les mots forts de l’un des journalistes de la promotion, venu témoigner au nom de tous les résidents de l’année 2026.
Les larmes aux yeux en évoquant son parcours d’exil, le journaliste tchétchène Israpil Shovkhalov a livré un récit d’une rare sincérité sur les épreuves à surmonter face à la défense d’une parole libre. Sur scène, il a notamment rendu hommage à la Maison des journalistes, qu’il décrit comme un premier point d’ancrage en exil, avant de décrire les liens de solidarité tissés avec d’autres journalistes, contraints, eux-aussi, de quitter leur patrie: Nous sommes unis non seulement par les épreuves qui nous ont contraints à partir, mais aussi par un sentiment d’arrachement et de solitude qui nous habite aujourd’hui, a-t-il ajouté.
Un moment précieux, porté aussi par les musiciens Victor Pablo, Hura Mirshekari et François Chatal, dont les performances ont accompagné cette cérémonie avec sensibilité.
La citoyenneté comme symbole de résistance
La cérémonie s’est clôturée par la remise officielle des cartes de citoyenneté aux douze journalistes par les élus de Paris, sous les applaudissements du public.
Un événement symbolique qui, plus que jamais, témoigne de l’importance du combat face à une bascule vers la post-vérité dans un monde de plus en plus marqué par la guerre, la désinformation et la répression.
Comme l’a rappelé Delphine Minoui en s’adressant aux journalistes de la promotion,Votre regard est rare: il nous donne à voir et à comprendre une réalité à laquelle nous n’avons plus accès que derrière l’écran saturé de nos téléphones portables. Une mission essentielle que la Maison des journalistes continuera de porter pour que ces voix puissent encore être entendues.
Alix Broudin
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© Tawfiq Sediqi , Zaher Al Zaher




