«D‘ici», la MDJ s’associe à Magnum Photos pour célébrer la liberté de la presse.

D’ici, depuis Paris, des journalistes exilés et des photographes de Magnum Photos croisent leurs regards pour raconter des expériences très personnelles autour des notions d’exil, d’accueil, de répression, de résistance, de succès ou d’échec.

 [Par Lisa Viola ROSSI]

Ces journalistes sont venus de ces pays où la liberté de la presse est constamment menacée.
Journalistes et photographes utilisent leurs outils respectifs, l’appareil photo et le stylo. Ils entament un dialogue et confrontent leurs perceptions de la France, de leur vécu : de l’expérience en prison à l’accueil réservé aux réfugiés en passant par la question du déclassement en exil.

Leurs textes et photos seront exposés sur les grilles de l’Hôtel de Ville de Paris du 3 au 31 mai 2019 et publiés dans un journal gratuit tiré à 40 000 exemplaires.

Ce journal sera accessible en ligne sur les sites internet de la MDJ et de Magnum Photos, en version française et anglaise.
Reprendre la plume n’est pas anodin pour des professionnels dont la vie a été menacée pour avoir voulu exercer librement leur métier de journaliste.
Les journalistes exilés ont en effet rarement la parole. Menacés et censurés chez eux, ils ont été obligés à se taire pour sauver leur vie (et souvent celle de leur famille). Arrivés en France, ils n’ont que rarement l’opportunité de continuer à exercer leur métier. Certains d’entre eux, sont alors hébergés et accompagnés par la Maison des journalistes, lieu refuge unique au monde.
Le projet « D’ici » entend redonner un espace d’expression à ces journalistes exilés pour qu’ils puissent à nouveau écrire, informer, dénoncer, mobiliser.
Pour la première fois, un journal réunit uniquement des journalistes exilés et des photographes internationaux. Distribué gratuitement, il vise à sensibiliser les citoyens français à l’urgence de l’accueil de l’Autre. Car ici, les journalistes se font également les porte-paroles de tous les réfugiés en France qui vivent les difficultés de l’exil d’abord et de l’insertion ensuite.
Le regard des journalistes exilés, ayant vécu les geôles et la fuite, auxquelles nombre de réfugiés ont également été confrontés, apporte une profondeur et une authenticité au traitement de ces sujets que nos médias français ne peuvent pas toujours atteindre.
La liberté d’expression est également au cœur des préoccupations des photographes de Magnum Photos qui œuvrent perpétuellement pour témoigner du réel. Il y a plus de 70 ans, les photographes Henri Cartier-Bresson, Robert Capa, George Rodger et David « Chim » Seymour couvraient la Seconde Guerre Mondiale. En 1947, à la n de la guerre, ils unissent leurs forces pour lancer leur propre agence de photographie : Magnum Photos. Cette coopérative photographique a notamment donné naissance à des photos devenues largement célèbres, dans une éternelle quête d’immortaliser le monde avec authenticité.

A l’aube du 21ème siècle, ce même esprit de coopération a poussé des journalistes français à fonder la Maison des journalistes. En constatant que leurs collègues étrangers, forcés à s’exiler ou menacés dans leur pays pour avoir tenté d’exercer leur métier librement, arrivaient en France souvent sans la moindre ressource et tombaient dans la grande précarité. Des hommes et des femmes engagés et, au premier plan les co-fondateurs, Danièle Ohayon et Philippe Spinau ont décidé de se mobiliser. Ils ont fait appel à la solidarité des plus grands médias français an de créer en 2002 le premier lieu de refuge pour les journalistes exilés en France. Depuis la Maison des journalistes a accueilli près de 400 professionnels de l’information venus de plus de 60 pays.
Ce sanctuaire parisien d’un genre unique au monde accueille ces exilés et les accompagne dans leur intégration en France. L’association a également à cœur de sensibiliser le public et les jeunes en particulier au respect de la liberté de la presse et des valeurs fondamentales à travers son programme éducatif baptisé Renvoyé spécial.

D’ici naît d’une collaboration évidente entre Magnum Photos et la Maison des journalistes partageant des objectifs communs :

permettre aux journalistes et photographes de raconter le monde dans toute sa complexité en restant attaché à une forme de narration engagée et honnête ; et en exerçant leur liberté d’expression sans entraves, à travers le pouvoir des mots et des images.
L’exposition « D’ici » aura lieu du 3 au 31 mai 2019 sur les grilles de l’Hôtel de Ville de Paris.
Elle donnera la possibilité au plus grand nombre de venir s’imprégner de ces « histoires d’ailleurs » racontées en mots et en images. Elle a vocation à devenir itinérante en s’invitant dans les lycées de l’Hexagone et en parcourant les festivals de journalisme.
La scénographie s’inspirera de ces journaux qui, il y a peu encore, étaient affichés dans l’espace public an d’informer le plus grand nombre. Via ce projet solidaire, la Maison des journalistes et Magnum Photos entendent changer le regard des citoyens français sur les personnes précarisées par l’exil.
Le journal « D’ici » regroupe des textes rédigés par les journalistes exilés de la MDJ et des images réalisés par les photographes de Magnum Photos, le tout produit en binôme. Ce journal gratuit sera tiré à 40 000 exemplaires grâce au soutien de Ouest-France. Il a pour but de sensibiliser le grand public, et plus particulièrement les jeunes, mais aussi les professionnels des médias à la diffculté d’exercer librement le métier de journaliste dans de nombreux pays du monde. Le journal « D’ici » sera distribué gracieusement à différents réseaux tels que :

• Les lycées partenaires de la MDJ. Une exploitation pédagogique du journal sera proposée aux professeurs et touchera plus de 3000 lycéens en France.
• Les équipements culturels et de proximité de la Ville de Paris.
• Les festivals et écoles de journalisme

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