« Citoyens d’honneur de la ville de Paris »


Cérémonie en l’honneur des journalistes de la MDJ

Comme chaque année, la Mairie de Paris a rendu hommage aux journalistes de la MDJ lors d’une cérémonie organisée à l’Hôtel de Ville. Symboliquement, les 24 journalistes ont reçu la carte de « Citoyen de la Ville de Paris »

Plusieurs personnalités ont pris la parole: Christophe Girard adjoint à la Maire pour la culture, Marjane Satrapi marraine de la promo 2019 et auteure de Persepolis, Christian Aubonyeau Président de la Maison des journalistes et la directrice de la MDJ Darline Cothière.

Christophe Girard, adjoint à la Maire de Paris pour la culture, entouré par la promotion 2019 de la MDJ

Discours lors de la cérémonie

Christophe Girard lors de la Cérémonie 2020 de la MDJ à la Mairie de Paris. Crédit Zaher al Zaher

Chaque année Christophe Girard est présent à cette cérémonie. Grand orateur, il a compté plusieurs histoires, dont certaines tombent dans l’oubli comme ce jeune homme de 15 ans mort dans un train d’atterrissage et qui sera honoré de manière posthume par la ville de Paris.

Christian Auboyneau, Président de la MDJ lors de la cérémonie 2020 à la Mairie de Paris. Crédit Sailanbek

Christian Auboyneau a appuyé sur le journalisme de décryptage et la peur d’informer.

« Quand on est face à vous, vous qui avez tant subi pour informer, vous savez que le journalisme c’est informer et dénoncer. Même si la profession de journaliste est la plus détestée des français, ici, nous aimons les journalistes et les médias.

La Maison des journalistes incarne la plus belle image du journalisme, celles et ceux qui ont fait leur travail pour informer et ainsi protéger la démocratie. »

Darline Cothière, directrice de la MDJ, lors de la cérémonie 2020 à la Mairie de Paris. Crédit Sailanbek

La directrice de la MDJ Darline Cothière, reprend cette thématique du decryptage et souligne la croissance de la MDJ et ses actions en 2019.

« L’objectif principal est bien sûr de soutenir et aider les journalistes en les prenant en charge socialement. Nous sommes aussi engagés et partageons des valeurs fondamentales et citoyennes. Notre public s’élargit, le programme Renvoyé Spécial permet à des journalistes de rencontrer des jeunes suivis par la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse).

Les journalistes de la MDJ interviennent aussi en prison. Ce sont des moments forts. Lorsque des personnes ont face à eux quelqu’un qui vient « de l’autre côté », quelqu’un qui a connu la prison, l’exil, le déracinement, quelqu’un qui avait des convictions plus fortes que la répression, on sent que ces valeurs nous concernent tous. 

Rappelons aussi que l’événement Presse 19 créé par la MDJ aura dans quelques semaines sa première édition en dehors de Turin. »

Et bien sûr toute la MDJ remercie ses partenaires: la Ville de Paris, les médias qui la soutiennent depuis 18 ans, et els partenaires historiques comme le journal Ouest-France ou l’Institut de France.

Publiée par Maison des journalistes MDJ sur Mercredi 29 janvier 2020

Une vidéo dédiée aux journalistes de la MDJ

Pour les 18 ans de la MDJ, une vidéo a été réalisée avec un concept simple: une photographie d’un journaliste MDJ par Mohammed Badra (actuel résident) et une citation issue de son portrait.

Le discours d’un journaliste de la MDJ

Comme chaque année, un journaliste parmi les résidents de la promotion, prend la parole lors d’un discours pour lequel il a carte blanche. L’occasion de se rappeler de l’importance de la liberté de la presse et la nécessité d’un refuge pour journalistes contraints à l’exil.

« Bonjour à toutes et à tous,

Nous sommes réunis en cette soirée d’hiver pour recevoir un prix : la médaille de citoyen d’honneur de la ville de Paris.

C’est un honneur pour moi de parler au nom la promotion 2019 de la maison des journalistes.

Je m’appelle Hafiz Miakhel, j’étais journaliste en Afghanistan pendant une dizaine d’années.

Aujourd’hui, je représente mes collègues journalistes de la MDJ. Nous sommes tous journalistes, exilés, parce que nous avons fait notre travail de journaliste.

Cette année, nous sommes syriens, tchadien, mauritanien, chinois…

Nous venons des 4 coins du monde, à la recherche d’un endroit sécurisé, et c’est ici, en France, à Paris, à la Maison des journalistes, que nous l’avons trouvé.

Dans cette nouvelle vie, nous sommes confrontés aux problèmes que rencontrent toutes les personnes qui ont dû changer de pays.

L’attente, les difficultés administratives, les questions sur l’avenir, la volonté de continuer notre  métier de journaliste…

Merci à la MDJ de nous accompagner dans cette nouvelle vie.

Au-delà de l’accueil et de l’échange, la Maison des journalistes nous aide à construire une nouvelle vie ici.

Des démarches administratives avec Antonin, la publication de nos articles sur le site web, des cours de français, l’accès à la bibliothèque, le Wi-Fi quand ça marche…

Dans ce voyage, nous avons aussi acquis une expérience. Cette expérience, nous la partageons via le programme « Renvoyé Spécial » où chaque journaliste, se rend dans un lycée pour échanger avec les élèves.

La construction d’une nouvelle vie dans laquelle nous souhaitons continuer notre métier de journaliste en France, passe par la MDJ,

Nous, les journalistes exilés à Paris, aimeraient remercier la Maison des Journalistes, la directrice Madame Darline Cothiere, son équipe le conseil d’administration en particulier Monsieur Alberic de Gouville et Monsieur Christian Auboyneau, et tous ceux qui nous aident chaque jour d’une façon accueillante et chaleureuse. 

Nous aimerions aussi remercier les partenariats, comme par exemple celui de la Marie de Paris. Nous remercions aussi Madame Martin pour ses cours de français.

Enfin, pour conclure, nos pensées vont vers les journalistes qui sont victimes de guerre et de violence, qui espèrent que la Maison des Journalistes pourra se développer davantage encore et nous offrir d’assistance dans le rétablissement de nos carrières en France.

Nous, les journalistes, espérons de pouvoir contribuer et de rejoindre la famille des journalistes en France. »

Une cérémonie suivie sur les réseaux sociaux

Outre les hommages et les questions essentielles autour de la liberté de la presse, de nombreuses personnalités étaient présentes dont Philippe Rochot, journaliste, photographe, ancien de France 2, auteur de «Reportages pour mémoire» ; Jérôme Bouvier ancien directeur de la rédaction de RFI, journaliste, créateur des Assises du Journalisme de Tours ; François Croquette, l’ambassadeur français pour les Droits de l’Homme; ainsi que d’autres personnalités.