LA MDJ ACCUEILLE DES BÉNÉFICIAIRES DE RENVOYÉ SPÉCIAL SPIP, UNE PREMIÈRE DEPUIS 4 ANS !

Ce jeudi 26 octobre, la Maison des journalistes a accueilli pour la première fois depuis 4 ans des bénéficiaires de Renvoyé spécial SPIP. Un format qui a été perturbé suite à une crise sanitaire qui s’est prolongée.

Retour sur une rencontre riche en enseignements pour ces personnes prises en charge sous main de justice.

Dans l’après-midi de ce jeudi 26 octobre, un groupe de personnes prises en charge en milieu ouvert par les Services pénitentiaires d’Insertion et de Probation SPIP, s’est rendu dans les locaux de l’association pour découvrir son histoire et ses actions. 

Le milieu ouvert correspond à l’ensemble des mesures alternatives qui favorisent l’accès des personnes condamnées aux dispositifs d’insertion professionnelle et sociale. Dans le cadre de son partenariat avec le SPIP et grâce au soutien de la DPMP de la Ville de Paris et du FIPDR, la Maison des journalistes organise 12 rencontres chaque année, dont 4 à destination du milieu ouvert. 

Découverte des locaux de la Maison des journalistes

L’après-midi a démarré par une présentation de la MDJ et la visite de ses locaux, dans le but d’en apprendre plus sur son histoire, ses valeurs, mais aussi sur ses engagements pour la liberté d’expression et la liberté de la presse. Après un échange sur les procédures administratives du droit d’asile et les différentes missions de la MDJ, la rencontre s’est poursuivie avec une visite exceptionnelle d’une chambre vide en ce moment, suite au départ d’un ancien résident. 

Avant de retrouver le journaliste intervenant, le groupe a découvert l’exposition « Fake news : art, fiction, mensonge », et s’est interrogé sur la prolifération de fausses informations.

Des échanges intenses avec Walid Bourouis, journaliste tunisien

Le moment le plus attendu de cet après-midi a été sans aucun doute la rencontre avec Walid Bourouis. Journaliste tunisien, cette figure du syndicalisme au SNJT (Syndicat National des Journalistes Tunisiens) a ainsi pu pendant plus d’une heure remonter le temps. Lors de sa présentation, Walid Bourouis a notamment insisté sur le dossier qui l’a contraint à quitter à contrecœur sa Tunisie natale.  En 2011, il est alors rédacteur en chef de « Cactus Prod », une structure de production confisquée par l’Etat tunisien après la révolution. Après un long travail d’investigation, Walid Bourouis a révélé une affaire de corruption au sein même de cette société, qui aurait alors détourné plus de 4 millions d’euros.

À l’issue de cette présentation, le groupe a pu interroger l’intervenant sur ses projets personnels :  « Aimerais-tu un jour retourner au pays ? », « Oui bien-sûr, j’ai encore ma famille là-bas, mais il faudrait naturellement que le règne de ce dictateur s’achève. ». Avant de conclure l’après-midi, Walid Bourouis rappelle que la Tunisie a perdu 27 places par rapport à 2022, est désormais au 121e rang, selon le classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF).

« Pour les dirigeants de « Cactus Prod », j’étais devenu la cible à abattre. D’autant plus que je continuais à critiquer la politique du dictateur actuel, Kais Saied. J’ai pu quitter la Tunisie à temps, après avoir reçu de nombreux messages de haine sur mes réseaux sociaux et des pressions de numéros inconnus »
Walid Bourouisjournaliste tunisien

Walid Bourouis, journaliste tunisien, lors de son intervention. 

Nombreux sont les participants qui ont émis l’envie d’assister à d’autres interventions, et d’entendre plus de témoignages de la part des journalistes exilés. « Je trouve ces journalistes très courageux, c’est la 4e séance à laquelle je participe dans le cadre de notre partenariat .», souligne un encadrant. Un partenariat précieux pour la Maison des journalistes, qui invite les journalistes à aborder les échanges sous des angles particuliers.

Avec la collaboration de Chad Akoum 

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©  Chad Akoum, MDJ