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Le vendredi 17 février 2017, les membres de l’association étudiante Sorbonne ONU, qui vise à transposer l’organisation des Nations Unies au coeur des universités parisiennes La Sorbonne, sont venus visiter la Maison des journalistes et ont fait la rencontre d’Abdessamad Ait Aicha, journaliste marocain, et de Sakher Edris, journaliste syrien, pour faire le point sur la situation des droits de l’homme et de la liberté d’expression dans leurs pays. Un échange enrichissant et positif.

Visite des étudiants de l’association Sorbonne-ONU dans les locaux de la MDJ ©Camille PEYSSARD-MIQUEAU

Les antennes UNESCO et Human Rights de l’association Sorbonne pour l’ONU étaient représentées, notamment par le président de cette dernière section, Mortaza Behboudi, ancien résident de la MDJ. Après la découverte des locaux de l’équipe, la présentation des multiples missions poursuivies par l’association depuis sa constitution et l’explication du fonctionnement de la Maison des journalistes, les étudiants ont pu visiter l’exposition Cartooning for Peace / Desssins pour la Paix présentée en ce moment dans ses murs.

Lisa Viola ROSSI guide les étudiants SONU à la découverte de l’exposition Cartooning for Peace / Dessins pour la Paix ©Camille PEYSSARD-MIQUEAU

Une rencontre était ensuite organisée entre les étudiants et deux journalistes : Abdessamad Ait Aicha, journaliste d’investigation au Maroc, et Sakher Edris, journaliste syrien et membre actif de l’organisation Detainees First qui lutte pour le respect des droit des détenus en Syrie et la poursuite judiciaire de toutes les atteintes commises à l’encontre de ces droits.

Abdessamad AIT AICHA et Sakher EDRIS échangent avec les étudiants de l’association la Sorbonne pour l’ONU ©Lisa Viola ROSSI

Résumer la situation des droits de l’homme et du citoyen dans ces pays, évoquer la difficile pratique du journalisme et de la liberté d’expression face à la répression des gouvernements et questionner le rôle joué par la communauté internationale et les organisations onusiennes suite aux révoltes du 20 mai 2011 au Maroc et dans la crise traversée par la Syrie aujourd’hui, tels ont été les axes d’une discussion animée mais toujours constructive.

Les étudiants membres de Sorbonne-ONU accompagnés par Abdessamad AIT AICHA, Sakher EDRIS et Darline COTHIERE, directrice de la Maison des journalistes ©Camille PEYSSARD-MIQUEAU

Un bel après-midi d’échanges entre professionnels de l’information et membres d’organisations internationales en devenir.

Turin (Italie), 29 novembre 2016 |
Circolo della Stampa |
Corso Stati Uniti, 27 – 18h-20h |

visual_vociscomode2016_sitoLa répression en Turquie, c’est le thème central de la troisième édition de « Presse 19 », un événement annuel organisé par la Maison des journalistes en partenariat avec le Caffè dei giornalisti. « Notre engagement pour la liberté de la presse dans le monde, – explique la présidente du Caffè Rosita Ferrato – nous oblige à réfléchir sur l’autoritarisme voulu par le gouvernement Erdogan après le coup d’Etat manqué du 15 juillet : arrestations et condamnations sévères pour les journalistes locaux, journaux de l’opposition occupés et réduits au silence, accréditations niées aux correspondants étrangers ».

L’événement, organisé en collaboration avec le département des Cultures, Politiques et Sociétés de l’Université de Turin aura lieu le mardi 29 novembre (de 18h à 20h) au siège du Club de la Presse (Palazzo Ceriana Mayneri, 27), un lieu symbolique pour accueillir les voix des journalistes qui défient et souffrent d’une oppression maintenant indéterminée.

La liberté de la presse derrière les barreaux

Au lendemain de la proclamation de l’état d’urgence, la vengeance d’Erdogan ne cesse de s’abattre d’une manière virulente sur la radio, la télévision, les réseaux sociaux. Les dernières données, rapportées en Septembre 2016 (source: BBC), notent 63 journalistes en prison et la fermeture de 3 agences de presse, 16 stations de télévision, 23 stations de radio, 45 journaux, 15 magazines et 29 maisons d’édition. L’accusation, dans la plupart des cas, est la propagande terroriste. Une tendance qui menace de plonger la liberté de la presse du pays, déjà fortement affectée. En 2015, la Turquie occupait la 154e place sur 180 dans le classement publié chaque année par Reporters sans frontières.

Les chiffres de la répression

Mais le système médiatique n’est pas la seule victime des « purges ». A partir de juillet, 93 263 personnes ont été licenciées dans la police, l’armée, la justice avec les juges et les procureurs, l’administration avec les employés publics et l’éducation. 32.000 ont été arrêtées et sont en attente de jugement (le gouvernement a prolongé la détention préventive de deux à trente jours, et a suspendu la Convention européenne des droits de l’homme).

La complexité de la question turque

En outre, la question de la liberté de la presse ne peut pas être pleinement comprise sans considérer la question turque dans son ensemble, qui se réfère à la relation avec la minorité kurde, la Syrie, l’Irak, l’Union européenne et l’Occident. Ainsi, la discussion s’élargit au respect des droits de l’Homme et à l’importance géopolitique du pays, par exemple, le rôle joué par le contrôle des flux migratoires et la lutte contre le terrorisme.

Journalistes et témoins

Halgurd Samad et Sakher Edris

Halgurd Samad et Sakher Edris

L’édition Presse 19 / Voci scomode 2016 aura pour protagonistes les voix d’Halgurd Samad, kurde irakien, et Sakher Edris, syrien, deux journalistes contraints à l’exil et accueillis à la Maison des journalistes (MDJ), association parisienne qui offre un abri aux journalistes qui ont fui leur pays d’origine à cause des persécutions qu’ils ont reçu pour leur métier.

Darline Cothière, directrice de la MDJ, Lucia Goracci, envoyée spéciale de Rai News 24 et Marta Ottaviani, journaliste de La Stampa et Avvenire interviendront à leurs côtés. Le travail sera introduit par Marinella Belluati, professeure d’analyses des médias à l’Université de Turin, et animé par Sherif El Sebaie, chroniqueur de Panorama spécialisé en diplomatie culturelle.

Le partenariat avec l’Université et la participation des étudiants

La soirée sera précédée par un séminaire d’approfondissement didactique destiné aux étudiants universitaires. La session, qui se tiendra de 10h à 13h dans l’Aula Magna du Campus Luigi Einaudi de l’Université de Turin, avec la participation de Rosita Ferrato, Marinella Belluati, Darline Cothière, Rosita Di Peri, professeure des Politiques, Institutions et Cultures du Moyen Orient, Luca Ozzano, professeur de sciences politiques, Murat Cinar, journaliste et activiste turc, Ugur Bilkay, le premier citoyen turc à obtenir le statut de réfugié politique en Europe suite à son objection de conscience et Lorenzo Trombetta, correspondant Ansa au Moyen-Orient.

Presse 19 / Voci Scomode est un événement gratuit et ouvert au public.


Programme de la journée

Séance 1 | Université de Turin
Campus Luigi Einaudi – Lungo Dora Siena, 100
Aula Magna 10h – 13h

Ouverture
Rosita Ferrato – Presidente du Caffè dei giornalisti

Contexte
Marinella Belluati – Professeure d’Analyses des Médias
Rosita Di Peri – Professeure des Politiques, Institutions et Cultures du Moyen Orient

Introduction
Darline Cothière – Directrice Maison des Journalistes

Table ronde – Erdogan et la democratura* turque
Partecipants :
Murat Cinar – Journaliste turc et activiste
Ugur Bilkay – Réfugié politique turc
Lorenzo Trombetta – Envoyé de l’Ansa au Moyen Orient

Animatrice : Rosita Di Peri

*Democratura : terme utilisé pour indiquer un régime politique formellement démocratique, mais inspiré, dans la pratique, à un autoritarisme substantiel

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Séance 2 | Circolo della Stampa
Palazzo Ceriana Mayneri – Corso Stati Uniti, 27
18h – 20h

Ouverture
Rosita Ferrato – Presidente du Caffè dei giornalisti
Darline Cothière – Directrice Maison des Journalistes

Introduction
Les limites au nom de la sécrutié et les risques de la liberté d’expression dans la crise mondiale. Marinella Belluati – Professeure d’Analyses des Médias

Table ronde – Dénonciation VS Réalpolitik ?
Intervenants :
Halgurd Samad – Journaliste kurde irakien, réfugié MDJ
Sakher Edris – Journaliste syrien, réfugié MDJ
Lucia Goracci – Envoyée de Rai News 24
Marta Ottaviani – Journaliste d’Avvenire et La Stampa

Animateur : Sherif El Sebaie – Éditorialiste de Panorama, spécialisé en diplomatie culturelle

 

Pour écouter l’interview radio à M. Edris diffusée sur Rai Radio 1, lors de l’émission Restate scomodi du 08/12/2016 :

 
 

Pour écouter l’interview radio à M. Edris diffusée sur Rai Radio 1, lors de l’émission Radio Anch’io du 09/12/2016

 
 

Rencontre Renvoyé Spécial avec le journaliste Nabil Shofan (Syrie) au Lycée Eiffel de Dijon (Bourgogne-Franche-Comté), le mercredi 23 mars.

Pour télécharger l’article paru dans Le Bien Public, cliquez ici.

Pour consulter l’article de la région Bourgogne France-Comté sur la cérémonie de remise du prix, cliquez ici.

Ci-dessous la galerie photo de la rencontre :

Mazen ADI, photographie par Laura HENRI

Mazen ADI, photographie par Laura HENRI

Rencontre Renvoyé Spécial avec le journaliste Mazen ADI (Syrie) au Lycée Polyvalent Diderot de Langres (Reims / Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine), le vendredi 5 février.

Cliquez ici pour télécharger l’article paru sur le Journal de la Haute-Marne, le samedi 6 février 2016

« Assis en face d’une salle remplie, il nous raconte dans un français à la fois rocailleux et chantant, sa vie, parsemée de situations improbables dans ce pays qu’il aime et qu’il souhaite retrouver un jour, le jour où le tonnerre de la mitraille ne fera plus crier les hommes. La France ? Un grand pays, qu’il admire et qu’il aime, de ses valeurs à ses auteurs, de sa langue à son peuple. Il ne regrette rien, il rêve de beaucoup plus. Sa liberté, il la met au service de la lutte contre les tyrannies et la folie des hommes, de Paris à Alep. Il déclare ne pas aimer la vie classique, s’ennuyer dans l’ordinaire et aimer « l’aventure ». L’aventure, de Mazen Adi, c’est celle d’un activiste clandestin, d’un journaliste syrien et d’un monsieur convaincu.» 

Cliquez ici pour continuer à lire l’article rédigé par Arthur GUILLAUMOT, un élève du lycée Diderot

Rencontre Renvoyé Spécial avec Raafat ALGHANEM (Syrie) au Lycée Victor Hugo de Poitiers (Poitiers), le vendredi 15 janvier.

renvoyetrespecial_janv2016_lvh (5)Ci-dessous des commentaires des élèves :

Est-ce ce témoignage vous a été utile ? Pourquoi ?

« Cela m’a permis d’éclaircir ma vision du conflit syrien et d’enrichir mes connaissances personnelles. »

« Le témoignage m’a beaucoup touché par sa sincérité, et il permet de prendre conscience de la réalité, d’apprendre des choses par quelqu’un qui les a vécues. »

« Il permet de découvrir la situation réelle en Syrie, qui est différente de celle diffusée par les médias français. »

« Un témoignage authentique d’un journaliste confronté à des difficultés concrètes. »

Qu’est-ce que vous a frappé dans ce témoignage ?

« Ce qui m’a frappé sont la terreur et la violence présentes en Syrie, à la fois à cause du régime de Bachar-Al-Assad, que des groupes islamistes. »

D’après vous, quel est le rôle du journaliste aujourd’hui dans la société ?

« Les journalistes sont les intermédiaires entre les citoyens et la situation réelle qui a lieu dans le monde. »

« Informer, dénoncer, cultiver, mais surtout faire changer les choses. »

Pourquoi la liberté de presse est-elle importante dans une démocratie ?

« Elle permet d’offrir la parole à tous les citoyens et d’éviter de créer du disparités au sein de la population en évitant la montée de régimes autoritaires. »

« Les journalistes en exil sont contraints de vivre loin de leur famille, ils font des sacrifices et sont souvent traumatisés, ils trouvent refuge ici et leurs discours sont des preuves de leur courage. »

Qu’est-ce que vous aimeriez dire aux journalistes exilés ?

« Plus de gens devraient se battre pour leurs idées, pour le paix, et j’espère qu’ils verront qu’ils me se sont pas battus en vain. »

Cliquez ici pour lire deux comptes-rendus des élèves

 

nashRencontre Renvoyé Spécial avec le journaliste Nabil SHOFAN (Syrie) au Lycée Jean Rostand de Chantilly (Amiens / Nord-Pas-de-Calais-Picardie), vendredi 11 décembre.

Ci-dessous quelques retours des élèves participants à l’événement :
« Je trouve que M Shofan nous a donné une nouvelle approche des différents conflits en Syrie. »
« Je trouve remarquable le courage des journalistes comme Nabil qui ont assumé leur métier et ont continué de l’exercer alors que les risques sont terribles. »
« La réalité est plus horrible et encore plus frappante que je ne le croyais. »
« Les journalistes exilés devraient être mieux intégrés à notre société et notamment dans les journaux et les médias nationaux. Ils pourraient nous apprendre davantage… »
« Je trouve que les journalistes en exil sont très courageux, car ils risquent leur vie pour pouvoir nous informer… »
« Les journalistes ont un rôle primordial dans la société aujourd’hui, pour faire régner la liberté d’expression, de penser, d’avoir ses opinions et pour tenir le peuple informé. »
« La liberté de la presse est importante dans quelles que soient les conditions. C’est elle qui forge les avis et permet la diversité. »
« Il ne faut pas perdre espoir et continuer à vous battre pour votre pays, votre liberté et pour avoir ce que vous voulez. »
« Le presse libre représente la liberté du peuple et la voix du peuple. Une démocratie ne peut exister sans une presse libre. »
« Bienvenue et on va vous aider. »
« Vous êtes indispensables. »

Cliquez ici pour lire l’article paru sur le blog du Lycée : http://rostand.lyc.ac-amiens.fr/

Cliquez ici pour lire l’article de Madison Nipps-Gros, élève de Section Internationale livrant ses impressions en anglais

Cliquez ici pour lire l’article de Marine Jean-Pierre, élève de Section Européenne, qui rapporte la rencontre dans un article en français

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