Comme chaque année, la Mairie de Paris a rendu hommage aux journalistes de la MDJ lors d’une cérémonie organisée à l’Hôtel de Ville. Symboliquement, les 24 journalistes ont reçu la carte de «Citoyen de la Ville de Paris»

Comme chaque année, la Mairie de Paris a rendu hommage aux journalistes de la MDJ lors d’une cérémonie organisée à l’Hôtel de Ville. Symboliquement, les 16 journalistes ont reçu la carte de «Citoyen de la Ville de Paris»

Plusieurs personnalités ont pris la parole : Patrick Klugman adjoint à la Maire chargé de toutes les questions relatives aux relations internationales et à la francophonie, Christophe Girard adjoint à la Maire de Paris pour la culture, Abnousse Shalmani marraine de la promo 2018, Christian Aubonyeau Président de la Maison des journalistes, Darline Cothière sa directrice.

Mairie de Paris – 24 janvier 2018
Soirée organisée en l’honneur des journalistes exilés et réfugiés à la Maison des journalistes

Mesdames Messieurs, chers amis, un grand salut chaleureux à vous tous. Au fond, c’est essentiellement pour cela que nous sommes là. Pour vous accueillir amis du bout du monde. Pour vous dire bienvenue !

Pour vous dire que nous sommes solidaires. Que nous savons que vous avez lutté pour faire ce métier magnifique, celui d’informer vos concitoyens, envers et contre tout. Que vous avez payé très cher pour avoir exigé ou appliqué ce qui devrait être un droit élémentaire. Que vous avez risqué votre vie. Et que vous avez du prendre la route de l’exil certainement pas de gaieté de cœur. En laissant famille, amis, culture, environnement, maisons, repères…Enfance.

Pour vous dire que votre combat est le notre. Comme le bâillon qu’on a voulu vous imposer serait le notre, nous journalistes français, européens qui devons rester vigilants sur nos propres droits et libertés.

Qui devons continuer d’exiger le droit d’enquêter librement sur tous les sujets ; le droit d’interpeller nos élus, nos administrations, toutes les autorités ; le droit de mettre notre nez dans les entreprises, aussi puissantes soient-elles ; le droit d’enquêter sur les organisations religieuses, quelques soient la religion ; le droit de les mettre en cause s’il le faut, et de les dénoncer si des droits éléments élémentaires sont violés ; le droit d’être insolents, ingrats, de poser toutes les questions qui dérangent, de soulever ou bousculer tous les dossiers que certains voudraient mettre sous le tapis ; le droit, dirait Albert Londres, de «porter la plume dans la plaie». Bref, le droit d’être, à fond, journalistes.

Nous sommes le pays des droits humains. Oui, moi, je dis les droits humains. Ou les droits de la personne, si vous voulez. Vos traducteurs auront peut-être un peu de mal à vous expliquer ce point qui n’est pas un détail, et que les subtilités de la langue française ou de l’histoire française compliquent inutilement.

Car les institutions françaises persistent à parler des droits de l’Homme. «Homme» avec une majuscule. «Homme» pris dans un sens neutre et universel. «Homme» signifiant humanité. Comme en 1789 nous dit-on. C’est oublier qu’en 1789, il n’y avait pas de majuscule, et que les femmes n’avaient aucun droit. Alors en ces temps où, enfin, on se préoccupe un peu plus du sort des femmes, de leurs droits, de leur force, de leur oppression souvent, de leur apport si précieux, si indispensable et si mal reconnu à la société, je trouve utile de prêter attention au vocabulaire et de parler des droits de la personne, c’est-à-dire équitablement des hommes et des femmes.

Oui, vous êtes aussi dans un pays de l’égalité des droits entre les deux sexes. L’égalité proclamée ; reconnue et défendue par la loi, ce qui n’est pas toujours le cas dans certains pays d’où vous venez. Alors, s’il vous plait, considérez ce fait comme une chance, comme une libération.

Deux femmes parmi vous viennent d’Afghanistan, et je trouve merveilleux que dans ce pays qui souffre tant, et qui abrite aussi une société patriarcale et phallocrate, des femmes audacieuses aient choisi de faire ce métier. Chapeau bas! Six parmi vous viennent de Syrie, et l’on sait combien les femmes paient un lourd tribu à la guerre, et combien la menace du viol est omniprésente. L’un d’entre vous vient d’Iraq, une autre vient du Zimbabwe, un autre de Guinée, un autre de Mauritanie, un autre de Turquie. Dans tous ces pays, il est périlleux d’être journaliste. Et il ne fait pas bon être femme. La France, doublement, doit être un juste refuge.

Chers amis, je vous souhaite le meilleur lors de votre séjour parmi nous. Vous n’êtes pas seuls. La Maison des journalistes, cette merveilleuse institution, unique au monde, a l’expérience de l’accueil, et fera tout pour vous aider. Merci Darline, Christian, Alberic. Et puis nous autres, la communauté des journalistes, sommes là, en cas de problème, en cas de solitude, en cas de blues. Solidaires oui. Et c’est pour moi un honneur, sachez-le, d’être la marraine de votre promotion.

Ce 24 février, qui fait de vous des «citoyens» de Paris, est un jour joyeux. C’est symbolique bien sur. Mais cela compte et cela nous oblige.

Alors au nom des Parisiens – que dis-je ? Des bretons, des auvergnats, des provençaux, nous venons de tous les coins de l’hexagone – je vous dis bravo ! Courage ! Bienvenue !

Annick Cojean, marraine de la promotion 2018, grand reporter au journal Le Monde et présidente du prix Albert Londres – Darline Cothière, directrice de la Maison des Journalistes


Mercredi 24 janvier, la promotion 2017 de la Maison des journalistes a été reçue à l’Hôtel de Ville de Paris par le représentant de madame la maire Anne HIDALGO, monsieur Patrick KLUGMAN, adjoint à la Maire de Paris en charge des relations internationales et de la francophonie. Il était accompagné de monsieur Patrick BLOCHE, adjoint en charge de l’Éducation. Venus de Turquie, de Syrie, de Mauritanie, d’Afghanistan, du Kazakhstan, de République de Guinée et du Zimbabwé, les 15 résidents de la MDJ ayant été accueillis pendant l’année 2017 par l’association se sont ainsi vus remettre la carte Citoyen Citoyenne de la Ville de Paris.

La Promotion 2017 de la MDJ accompagnée de Patrick KLUGMAN, représentant de la Ville de Paris, et Patrick BLOCHE, ainsi que de Darline COTHIERE, Christian AUBOYNEAU et Alberic DE GOUVILLE de la Maison des journalistes, et d’Annick COJEAU, marraine de la promotion. Photo © Mortaza Bebhoudi

Au-delà des possibilités qu’offre cette carte (visite des coulisses des services publics, rencontres avec les élus, accès aux manifestations culturelles les plus prestigieuses…), elle a surtout une valeur symbolique forte : celle de l’accueil officiel de journalistes demandeurs d’asile ou réfugiés. A travers ce geste, la ville de Paris, partenaire et soutien historique de la MDJ, affirme a nouveau son implication dans le combat pour la liberté de la presse.

Patrick KLUGMAN a rappelé le bilan très lourd pour la liberté de la presse en 2017. Selon Reporters sans frontières, 65 journalistes ont été tués, 326 étaient en détention et 54 retenus comme otages en décembre 2017. Monsieur Christian AUBOYENEAU, présidents de la MDj,  a insisté dans ce sens en exprimant deux souhaits. Tout d’abord, il a dénoncé l’impunité des crimes commis contre des journalistes, il a ensuite expliqué que les journalistes ont de plus en plus de difficultés à obtenir un statut de réfugié politique, une situation qu’il espère voir s’améliorer. Madame Darline COTHIERE, directrice de la MDJ, a quant à elle souhaité la bienvenue à l’ensemble des invités, amis ou anciens résidents de la MDJ. Elle a notamment remercier les ambassadeurs pour leur présence ainsi que les nouveaux partenaires de la MDJ.

Depuis 2016, les résidents de la MDJ peuvent compter sur le soutien de 35 ambassadeurs, parmi lesquels Annick COJEAN, marraine de la Promotion 2017 de la MDJ.  La grand reporter et présidente du jury du Prix Albert Londres, co-auteure du documentaire « Syrie, le cri étouffé » (France 2, 2017), a prononcé un discours engagé pour la protection des journalistes partout dans le monde et a particulièrement insisté sur la situation difficile des femmes journalistes dans plusieurs pays.

Le temps des paroles s’est conclu avec les mots forts de l’un des journalistes de la Promotion qui a parlé au nom de tous les résidents de l’année 2017. Il a souligné son espoir de voir d’autres maisons des journalistes naître ailleurs dans le monde, mais aussi sa volonté de toujours militer pour la liberté d’expression.

 

 

Les discours en vidéos :

à venir

Retour sur cette soirée en images :

30 janvier 2017 – La MDJ, avec le soutien de ses partenaires et de la Mairie de Paris, a fêté les 10 ans de l’opération Renvoyé Spécial lors d’une soirée de gala, organisée dans les Salons de l’Hôtel de Ville de Paris. Accueillis par Anne Hidalgo, maire de Paris, les nombreux convives ont pu assister aux discours de cette dernière, de Reza, photographe syrien et parrain de la soirée, et de la journaliste Mariam Mana (Afghanistan), résidente de la MDJ.
L’occasion pour la directrice de la MDJ de revenir sur le chemin parcouru par l’association. Elle a également insisté sur l’importance de ses actions de sensibilisation. La Ville de Paris a souhaité rendre hommage aux 26 journalistes accueillis à la MDJ durant l’année 2016 en leur remettant la Carte Citoyenne-Citoyen de Paris.
Les journalistes de la MDJ pourront désormais compter sur le soutien de 36 personnalités, membres du Comité des Ambassadrices et des Ambassadeurs de la MDJ, présidé par Lambert Wilson et dont les noms ont été dévoilés à l’occasion de cette soirée.

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La Maison des journalistes, grâce au soutien de ses partenaires et de la Mairie de Paris, a fêté les 10 ans de l’opération Renvoyé spécial lors d’une soirée de gala #GalaMDJ, organisée dans les Salons de l’Hôtel de Ville de Paris. Retour sur le déroulé de cet événement exceptionnel. Accueillis par Madame Anne Hidalgo, Maire de Paris, […]